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Épilation au laser et à la lumière pulsée : qu'autorise le décret de 2024 aux esthéticiennes ?

Depuis le 27 mai 2024, une esthéticienne qualifiée peut pratiquer l'épilation au laser et à la lumière pulsée intense à visée non thérapeutique. Le décret n° 2024-470 du 24 mai 2024 (articles D.1151-1 à D.1151-11 du Code de la santé publique) l'exige après une formation obligatoire, fixée par l'arrêté du 19 février 2025 : 4 jours pour le laser, 2 jours et demi pour la lumière pulsée, 5 jours pour les deux, avec une remise à niveau tous les cinq ans. Le Conseil d'État a rejeté le recours contre ce décret le 12 mars 2026 (n° 496304).

Mis à jour le 24 octobre 2026 · chiffres recalculés chaque heure depuis les fiches de l'annuaire.

Qui peut pratiquer, et depuis quand

Le décret n° 2024-470 du 24 mai 2024, publié au Journal officiel du 26 mai, est entré en vigueur le lendemain de sa publication. Il a créé les articles D.1151-1 à D.1151-11 du Code de la santé publique, consacrés aux épilations réalisées à la lumière pulsée intense et au laser, à visée non thérapeutique.

L'article D.1151-2 réserve ces actes à trois catégories : les médecins, les infirmiers diplômés d'État, et les personnes qualifiées professionnellement au sens du 5° de l'article L.121-1 du Code de l'artisanat, c'est-à-dire les esthéticiennes titulaires d'un CAP, d'un titre équivalent ou de trois ans d'expérience. Seuls les médecins sont dispensés de la formation obligatoire (D.1151-3).

Le décret ne demande ni la présence d'un médecin dans l'institut, ni une prescription. Il impose en revanche de recommander au client une consultation médicale avant la première séance (D.1151-4).

  • Autorisé à une esthéticienne formée : l'épilation au laser et à la lumière pulsée, et seulement l'épilation.
  • Interdit : le détatouage au laser, réservé aux médecins (FAQ de la DGCCRF).
  • Interdit : l'épilation électrique par aiguille, qui implique une effraction cutanée et n'est pas couverte par le décret (FAQ de la DGCCRF).

La formation obligatoire : durée, contenu, renouvellement

L'arrêté du 19 février 2025, publié au Journal officiel du 26 février 2025, fixe les caractéristiques de la formation. Elle comporte une partie théorique commune d'un jour et demi, qui peut être suivie à distance, une partie pratique et une évaluation : un questionnaire de 20 questions en 30 minutes, puis une mise en situation de 30 minutes devant un jury.

La formation est dispensée par un organisme du secteur de l'esthétique, avec au moins un appareil de chaque type et une équipe qui compte notamment un médecin et un esthéticien. L'attestation est valable cinq ans.

L'article 10 de l'arrêté laissait dix-huit mois, à compter de sa publication, aux infirmiers et aux esthéticiennes pour valider la formation. À notre calcul, ce délai a pris fin le 26 août 2026 : au 24 octobre 2026, une esthéticienne qui pratique l'épilation au laser ou à la lumière pulsée doit avoir son attestation.

  • Laser seul : 4 jours, dont 2 jours de pratique.
  • Lumière pulsée seule : 2 jours et demi, dont une demi-journée de pratique.
  • Laser et lumière pulsée : 5 jours, dont une journée entière d'évaluation.
  • Remise à niveau : une journée tous les cinq ans, avec un court questionnaire.
  • Pour les esthéticiennes, la remise à niveau s'accompagne d'une journée « Premiers secours citoyen ».

Les obligations à chaque client

  • Avant la première séance : remettre une fiche d'information claire (contre-indications, risques, résultats attendus, consultation médicale recommandée) et en garder un double daté et signé trois ans (D.1151-4).
  • Afficher de façon visible les risques, les contre-indications et l'obligation de porter des lunettes de protection (D.1151-5), ainsi que les attestations de formation en cours de validité (D.1151-3).
  • Examiner la peau et le phototype avant de programmer les séances, vérifier l'absence de contre-indication avant chaque séance, contrôler l'absence d'effet indésirable après (D.1151-6).
  • Pour le laser, garder une trace nominative de ces vérifications trois ans après la dernière séance (D.1151-6).
  • Faire porter au client des lunettes adaptées aux longueurs d'onde de l'appareil (D.1151-8), et déclarer tout incident grave sur le portail de signalement du ministère de la santé (D.1151-7).

L'appareil : ce que le texte exige

L'appareil ne doit pas être modifié. Sa maintenance suit les recommandations du fabricant, avec une fiche de traçabilité à présenter en cas de contrôle (D.1151-9). Le fabricant ou le distributeur fait une démonstration avec manipulation à l'installation, et tout nouvel utilisateur en bénéficie avant de s'en servir (D.1151-10). La notice d'utilisation est remise à l'exploitant, qui en donne une copie à chaque professionnel qui utilise l'appareil (D.1151-11).

Le décret ne fixe aucune règle sur le local lui-même. Les exigences pratiques (pièce fermée, alimentation électrique, ventilation) viennent donc de la notice du fabricant.

Louer une cabine et y apporter sa machine

Le décret désigne un « exploitant », qui est soit le professionnel qui réalise l'épilation, soit la personne qui gère l'établissement où elle est réalisée (D.1151-1). Dans une cabine louée, les deux existent : le contrat doit donc dire qui affiche les avertissements et les attestations, qui garde les fiches signées et qui tient la fiche de maintenance. Le plus simple est que l'esthéticienne qui apporte sa machine s'en charge, et le dise par écrit.

Sur l'annuaire esthéJob, une cabine se loue de 25 € à 159 € par jour (médiane 75 €) au 24 octobre 2026. Demandez toujours au gérant, avant de réserver, si vous pouvez y installer un appareil.

  • L'accord écrit du gérant pour installer l'appareil, et pour le laisser sur place ou non.
  • Une alimentation électrique conforme à la notice (puissance, prise, éventuellement circuit dédié), vérifiée avec le gérant.
  • Une cabine qui ferme, pour que personne n'entre pendant un tir sans lunettes.
  • Une assurance responsabilité civile professionnelle qui nomme l'épilation au laser ou à la lumière pulsée, et une assurance de l'appareil lui-même (casse, vol).
  • Vos attestations de qualification et de formation, à remettre en copie au gérant.

Questions fréquentes

Une esthéticienne peut-elle faire de l'épilation au laser ?

Oui, depuis le 27 mai 2024, si elle est qualifiée en esthétique au sens du Code de l'artisanat et a suivi la formation obligatoire (décret n° 2024-470, articles D.1151-2 et D.1151-3 du Code de la santé publique). Le Conseil d'État a confirmé ce décret le 12 mars 2026.

Combien de temps dure la formation à l'épilation laser ?

Selon l'arrêté du 19 février 2025 : 4 jours pour le laser, 2 jours et demi pour la lumière pulsée, 5 jours pour les deux. Une remise à niveau d'une journée est obligatoire tous les cinq ans.

Faut-il un médecin pour pratiquer l'épilation laser en institut ?

Non. Le décret ne demande ni la présence d'un médecin ni une prescription. Il impose de recommander au client une consultation médicale avant la première séance, et un médecin fait partie de l'équipe qui dispense la formation.

Une esthéticienne peut-elle faire de l'épilation électrique ?

Non. L'épilation par électrolyse avec aiguille n'est pas couverte par le décret de 2024 : elle implique une effraction cutanée et reste réservée aux médecins, selon la DGCCRF.

Peut-on apporter sa machine laser dans une cabine louée ?

Oui, avec l'accord écrit du gérant. Prévoyez dans le contrat qui assure les obligations de l'exploitant (affichage, fiches signées, maintenance), vérifiez l'alimentation électrique et faites assurer l'appareil et l'activité.

La formation à l'épilation laser est-elle valable à vie ?

Non. L'attestation est valable cinq ans, puis une formation de remise à niveau d'une journée est obligatoire (arrêté du 19 février 2025).

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