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Guides beauté et coiffure · Diplômes et réglementation

TVA sur la location d'une cabine, d'un fauteuil ou d'un espace équipé : les règles en 2026

La location d'un local nu est exonérée de TVA (Code général des impôts, art. 261 D, 2°), mais la location d'un local pourvu d'un mobilier ou d'un agencement professionnel entre de plein droit dans le champ de la TVA (BOFiP, BOI-TVA-CHAMP-50-10, § 80). Une cabine équipée ou un fauteuil de coiffure avec son bac se loue donc, en principe, avec une TVA de 20 % en métropole, si le gérant est redevable de la TVA. Le gérant en franchise en base (37 500 € de chiffre d'affaires de services en 2026, 41 250 € de seuil majoré) ne facture pas de TVA. Pour un indépendant lui-même en franchise, la TVA payée sur le loyer est un coût, pas une avance : comparez les lieux en TTC. Au 1er janvier 2027, ces règles passent dans le Code des impositions sur les biens et services, à droit constant.

Mis à jour le 3 novembre 2026 · chiffres recalculés chaque heure depuis les fiches de l'annuaire.

Local nu ou local équipé : où passe la frontière ?

Le point de départ est l'article 261 D, 2° du Code général des impôts : sont exonérées « les locations de terrains non aménagés et de locaux nus ». Tout le reste de la location immobilière professionnelle suit la règle générale : une prestation de services faite à titre onéreux par un assujetti est soumise à la TVA.

L'administration fiscale le dit sans détour : la location de « locaux pourvus d'un mobilier ou d'un agencement professionnel » entre « de plein droit dans le champ d'application de la TVA » (BOFiP, BOI-TVA-CHAMP-50-10, § 80). La doctrine sur les locations exonérées oppose de même le local non agencé à l'établissement « muni du mobilier ou matériel nécessaire à son exploitation » (BOI-TVA-CHAMP-30-10-50, § 30).

Les juges regardent si le local est pourvu des aménagements nécessaires à l'activité prévue, sans lesquels elle ne pourrait pas s'exercer (cour administrative d'appel de Marseille, 22 juillet 2020, n° 18MA05140). La question n'est donc pas « y a-t-il un meuble ? », mais « l'indépendant peut-il travailler en arrivant, avec ce qui est fourni ? ».

Cabine, fauteuil, table d'onglerie : quels cas concrets ?

Appliquée à la beauté, la règle donne des réponses assez nettes dans les cas courants. Les cas limites, eux, se tranchent avec un expert-comptable.

  • Un fauteuil de coiffure avec miroir, tablette, accès au bac et aux séchoirs : local équipé, en principe soumis à la TVA.
  • Une cabine esthétique avec table de soin, lampe, tabouret, rangements, parfois un appareil : local équipé, en principe soumis à la TVA.
  • Une table d'onglerie avec lampe et aspiration : local équipé, en principe soumis à la TVA.
  • Une salle vide louée seule, sans meuble ni service, où l'indépendant apporte tout : peut relever du local nu, exonéré, sauf option du bailleur.
  • Une salle louée avec ménage, accueil, linge, wifi pour un prix global : la location s'accompagne de services ; faites confirmer la qualification par votre expert-comptable.
  • Un loyer calculé en pourcentage du chiffre d'affaires du locataire : même un local nu sort de l'exonération quand le bailleur participe aux résultats de l'entreprise locataire (BOI-TVA-CHAMP-50-10, § 80).

Quel taux de TVA s'applique au loyer ?

Le taux normal, fixé à 20 % pour la France métropolitaine et la Corse (CGI, art. 278 ; BOFiP, BOI-TVA-LIQ-20). En Guadeloupe, en Martinique et à La Réunion, le taux normal est de 8,5 % (CGI, art. 296 ; BOI-TVA-GEO-20-10). Le taux normal « est applicable à toutes les opérations pour lesquelles aucun autre taux n'est prévu » (BOI-TVA-LIQ-20) : c'est celui des locations de cabines et de fauteuils, sauf avis contraire de votre expert-comptable.

Exemple en hypothèses : une journée de cabine à 70 € HT se facture 84 € TTC en métropole. Un mois à 900 € HT se facture 1 080 € TTC.

Vous louez un local nu : pouvez-vous opter pour la TVA ?

Oui. L'article 260, 2° du CGI permet au bailleur d'un local nu de demander à payer la TVA. L'option est possible si le local est loué pour l'activité d'un preneur assujetti ; elle l'est aussi pour un preneur non assujetti, à condition que le bail mentionne expressément l'option (BOI-TVA-CHAMP-50-10, § 10 et § 90). Elle est impossible pour un local d'habitation ou à usage agricole.

Pourquoi opter ? Pour récupérer la TVA payée sur les travaux et l'achat du local. Mais l'option renchérit le loyer de vos locataires en franchise, qui ne récupèrent rien. C'est un calcul à faire avec votre expert-comptable, avant de signer les premiers contrats.

Vous êtes en franchise en base : que facturez-vous ?

En franchise en base, vous ne facturez pas de TVA, sur aucune de vos prestations, loyers compris. Vos factures portent la mention « TVA non applicable, article 293 B du CGI ». En 2026, la franchise vaut pour les prestations de services tant que le chiffre d'affaires ne dépasse pas 37 500 € l'année précédente, et 41 250 € l'année en cours ; le projet de seuil unique à 25 000 € a été abandonné.

Deux effets à prévoir. Vous ne pouvez pas déduire la TVA de vos achats : celle de vos travaux, de votre matériel et de votre propre loyer reste à votre charge. Et vos loyers comptent dans votre chiffre d'affaires : un lieu de quelques espaces bien loués franchit vite le seuil.

Si vous dépassez le seuil majoré, la TVA est due dès le jour du dépassement ; si vous ne dépassez que le seuil de base, à partir du 1er janvier suivant. Vous pouvez aussi opter volontairement pour la TVA, par écrit auprès de votre service des impôts des entreprises : l'option prend effet le premier jour du mois où vous la déclarez et vaut deux ans.

  • Exemple en hypothèses : 4 espaces loués chacun 12 journées par mois à 70 € HT font 3 360 € par mois, soit 40 320 € par an : au-dessus du seuil de 37 500 €.
  • Suivez votre chiffre d'affaires mois par mois, pas seulement en fin d'année.
  • Avant de passer à la TVA, prévenez vos locataires et dites-leur ce que deviendra leur prix TTC.

Votre locataire n'est pas assujetti : ce que la TVA change pour lui

Une grande partie des indépendants de la beauté travaillent en micro-entreprise et en franchise de TVA. Ils ne facturent pas de TVA à leurs clientes et ne récupèrent pas celle qu'on leur facture. Pour eux, une cabine à 70 € HT coûte réellement 84 €.

Leur facture de loyer n'entre pas non plus dans leurs charges déductibles : en micro-entreprise, les cotisations se calculent sur le chiffre d'affaires, et l'impôt applique un abattement forfaitaire (50 % pour les prestations de services commerciales ou artisanales) : « ce ne sont donc pas les charges réelles qui sont déduites ». La TVA du loyer sort donc entièrement de ce qui leur reste.

Pour un gérant, la conséquence est commerciale : comparez vos prix à ceux des lieux voisins en TTC, et affichez le TTC. Un lieu en franchise peut paraître moins cher à HT égal ; un lieu assujetti peut compenser par ses services ou ses formules.

  • Locataire en franchise : il paie le TTC et ne récupère rien.
  • Locataire redevable de la TVA (au-dessus des seuils, ou sur option) : il déduit la TVA de votre facture ; seul le HT compte pour lui.
  • Sur la fiche du lieu dans l'annuaire, précisez si vos prix sont HT ou TTC.

Le loyer que vous payez à votre propriétaire : récupérable ou non ?

Le même raisonnement vaut un cran plus haut. Si votre propriétaire vous loue un local nu sans option, son loyer est sans TVA. S'il a opté, ou s'il vous loue un local déjà agencé, son loyer porte de la TVA.

Si vous êtes redevable de la TVA sur vos locations, vous déduisez en principe celle de votre loyer et de vos travaux. Si vous êtes en franchise, vous la payez sans la récupérer : c'est une charge de plus dans votre calcul de rentabilité.

Ce qui change au 1er janvier 2027

L'ordonnance n° 2025-1247 du 17 décembre 2025, modifiée par l'ordonnance n° 2026-671 du 27 juillet 2026, déplace les règles législatives de TVA du Code général des impôts vers le Code des impositions sur les biens et services (CIBS) au 1er janvier 2027. L'administration fiscale précise que la recodification est faite « à droit constant » (BOFiP, BOI-RES-TVA-000253, publié le 7 octobre 2026).

Concrètement, les numéros d'articles changent, pas la règle : un local équipé reste taxable, un local nu reste exonéré sauf option. Les références aux anciens articles du CGI se lisent comme des références aux articles du CIBS qui les reprennent, et les factures peuvent encore citer les anciennes dispositions jusqu'au 30 juin 2028. Les commentaires et rescrits de l'administration restent opposables.

À faire avant fin 2026 : demander à votre expert-comptable s'il faut mettre à jour les mentions de vos factures et de vos contrats, et vérifier que votre logiciel de facturation suit le changement.

Que vérifier, en pratique ?

  • Ce que vous louez réellement : local nu, espace équipé, espace avec services. Écrivez-le dans le contrat.
  • Votre situation : franchise en base ou redevable de la TVA, et votre chiffre d'affaires de l'année en cours.
  • Vos factures : prix HT, taux, montant de TVA et TTC si vous êtes redevable ; mention de l'article 293 B si vous êtes en franchise.
  • Vos prix affichés : HT, TTC ou les deux, dits clairement.
  • Votre propre loyer : avec ou sans TVA, récupérable ou non.
  • Un cas limite (salle nue avec quelques services, loyer mixte) : posez la question par écrit à votre expert-comptable, ou à votre service des impôts des entreprises.

Le logiciel peut-il gérer la TVA des loyers ?

Le logiciel de gestion esthéJob demande d'abord au gérant si la TVA s'applique à lui, et à quel taux. Les factures de location partent ensuite avec le HT, la TVA et le TTC, ou avec la mention de la franchise ; le gérant choisit d'afficher ses prix en HT, en TTC ou les deux sur sa page de réservation, et le taux reste figé sur chaque facture émise. Le choix fiscal, lui, reste celui de votre expert-comptable.

Ce guide est une information générale, à jour au 3 novembre 2026. Il ne remplace pas l'avis d'un expert-comptable ni une réponse de l'administration fiscale sur votre situation.

Questions fréquentes

La location d'une cabine esthétique est-elle soumise à la TVA ?

En principe oui, si le gérant est redevable de la TVA : une cabine avec table, lampe et rangements est un local pourvu d'un agencement professionnel, qui entre de plein droit dans le champ de la TVA (BOI-TVA-CHAMP-50-10, § 80). Le taux est de 20 % en métropole. Un gérant en franchise en base ne facture pas de TVA.

Y a-t-il de la TVA sur la location d'un fauteuil de coiffure ?

Oui en principe, dans les mêmes conditions : un fauteuil avec miroir, tablette et accès au bac n'est pas un local nu. Le salon redevable de la TVA facture le loyer à 20 % ; le salon en franchise ne la facture pas et porte la mention « TVA non applicable, article 293 B du CGI ».

La location d'un local nu est-elle soumise à la TVA ?

Non, elle est exonérée (CGI, art. 261 D, 2°), sauf si le bailleur opte pour la TVA (art. 260, 2°), possible pour un preneur assujetti, ou non assujetti si le bail le mentionne expressément. L'exonération tombe aussi quand le bailleur participe aux résultats du locataire, par exemple avec un loyer au pourcentage.

Je suis en franchise de TVA : dois-je facturer la TVA à mes locataires ?

Non. En franchise en base, vous ne facturez aucune TVA et vous portez la mention « TVA non applicable, article 293 B du CGI ». En 2026, la franchise vaut tant que votre chiffre d'affaires de services ne dépasse pas 37 500 € l'année précédente et 41 250 € l'année en cours. Vos loyers comptent dans ce chiffre.

Une indépendante en franchise récupère-t-elle la TVA de son loyer ?

Non. Elle ne déduit aucune TVA : la TVA du loyer est pour elle un coût. Une journée à 70 € HT lui coûte 84 € TTC. Elle a intérêt à comparer les lieux sur leur prix TTC.

Quel est le taux de TVA d'une location de cabine ?

Le taux normal : 20 % en France métropolitaine et en Corse (CGI, art. 278), 8,5 % en Guadeloupe, en Martinique et à La Réunion (art. 296). Le taux normal s'applique à toutes les opérations pour lesquelles aucun autre taux n'est prévu (BOI-TVA-LIQ-20).

Qu'est-ce qui change pour la TVA au 1er janvier 2027 ?

Les règles de TVA passent du Code général des impôts au Code des impositions sur les biens et services, à droit constant selon l'administration fiscale (BOI-RES-TVA-000253). Les numéros d'articles changent, pas les règles ; les factures peuvent encore citer les anciens articles jusqu'au 30 juin 2028.

Faut-il afficher le loyer en HT ou en TTC ?

Affichez le TTC dès que vos locataires sont en franchise, ce qui est fréquent dans la beauté, avec le HT à côté. Si vous êtes vous-même en franchise, affichez un prix unique, sans TVA.

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