Aller au contenu
Guides santé et bien-être · S'installer, métier par métier

Micro-BNC ou déclaration contrôlée (2035) : le choix d'un praticien libéral, loyer du cabinet compris

En micro-BNC, l'impôt est calculé sur vos recettes diminuées d'un abattement forfaitaire de 34 %, et vos cotisations sur vos recettes. Le régime est ouvert jusqu'à 83 600 € de recettes en 2026 (article 102 ter du Code général des impôts). En déclaration contrôlée (formulaire 2035), vous déduisez vos vraies dépenses professionnelles : loyer du cabinet, frais de déplacement, cotisations sociales obligatoires… Repère simple : si vos dépenses réelles dépassent 34 % de vos recettes, la déclaration contrôlée réduit votre bénéfice imposable. Le loyer du cabinet est souvent ce qui fait basculer : au 2 novembre 2026, les cabinets de l'annuaire se louent de 6 € à 25 € de l'heure (médiane 15 €) ou de 49 € à 690 € par mois (médiane 139,50 €) au mois. Faites valider votre choix par un expert-comptable.

Mis à jour le 2 novembre 2026 · chiffres recalculés chaque heure depuis les fiches de l'annuaire.

Qui est concerné par le choix entre micro-BNC et déclaration contrôlée ?

Tous les praticiens libéraux qui exercent en nom propre et dont les revenus relèvent des bénéfices non commerciaux (BNC) : psychologues, ostéopathes, psychothérapeutes, chiropracteurs, psychomotriciens, diététiciens, ergothérapeutes, kinésithérapeutes, infirmiers, orthophonistes, mais aussi sophrologues, naturopathes ou hypnothérapeutes.

Le choix se pose au démarrage, puis chaque année. Il porte sur deux choses à la fois : la façon de calculer votre impôt (régime fiscal) et, en micro-entreprise, la façon de calculer vos cotisations (régime micro-social).

Ce guide explique le mécanisme et donne des exemples. Il ne remplace pas un avis personnalisé : votre foyer, vos autres revenus et votre caisse changent le résultat.

Comment fonctionne le micro-BNC en 2026 ?

Le micro-BNC s'applique si vos recettes hors taxes ne dépassent pas 83 600 €. Ce seuil vaut pour 2026 à 2028 ; il était de 77 700 € de 2023 à 2025 (impots.gouv.fr). Il est proratisé l'année du début d'activité.

Votre bénéfice imposable est calculé automatiquement : recettes moins un abattement de 34 %, qui ne peut pas être inférieur à 305 € (article 102 ter du Code général des impôts). Vous n'avez pas de déclaration de résultat à faire : vous reportez vos recettes sur votre déclaration de revenus.

Un dépassement ponctuel du seuil ne fait pas sortir du régime. Il faut le dépasser deux années de suite : vous passez alors au régime réel au 1er janvier de l'année suivante (impots.gouv.fr).

En micro-entreprise, vos cotisations sont un pourcentage de vos recettes encaissées : 23,2 % pour une profession libérale réglementée relevant de la Cipav, 25,6 % pour les autres activités libérales en BNC, en 2026 (Urssaf, Service-Public). S'y ajoute une contribution à la formation professionnelle de 0,2 % des recettes.

Comment fonctionne la déclaration contrôlée (2035) ?

Votre bénéfice est l'excédent de vos recettes sur les dépenses nécessaires à l'exercice de votre profession (article 93 du Code général des impôts). Vous déclarez chaque année recettes et dépenses sur la déclaration n° 2035, avec ses tableaux 2035-A et 2035-B, télétransmis.

La notice de la 2035 range parmi les dépenses les loyers et charges locatives, la location de matériel et les frais de déplacement. Elle précise aussi que les cotisations sociales obligatoires d'allocations familiales, de maladie et d'invalidité-décès se déduisent pour leur montant réel, et les cotisations de retraite dans les limites de l'article 154 bis du Code général des impôts.

Vos cotisations sociales sont alors calculées sur votre revenu, et non plus sur vos recettes : un loyer élevé réduit donc à la fois votre impôt et vos cotisations. En contrepartie, des cotisations minimales sont dues même quand le revenu est faible, et l'assiette de ces cotisations a été réformée à partir de 2026 (Urssaf).

La comptabilité est plus exigeante : vous gardez la trace de chaque recette et de chaque dépense, avec les justificatifs. Beaucoup de praticiens confient cette tenue et la déclaration à un expert-comptable : prévoyez ce coût dans votre calcul.

Peut-on choisir la déclaration contrôlée sous le seuil ?

Oui. Même si vos recettes restent sous 83 600 €, vous pouvez opter pour la déclaration contrôlée. L'option se fait dans le délai de dépôt de la déclaration 2035. Elle vaut pour un an et se reconduit tacitement chaque année ; vous pouvez y renoncer dans les délais prévus (article 102 ter du Code général des impôts).

Opter pour le régime réel fait sortir du régime micro : vos cotisations ne sont plus calculées sur vos recettes. Renseignez-vous auprès de l'Urssaf et de votre service des impôts des entreprises avant de changer.

Pourquoi le loyer du cabinet fait-il basculer le choix ?

En micro-BNC, l'abattement de 34 % est forfaitaire : il est le même que votre cabinet coûte 2 000 € ou 15 000 € par an. Si vos dépenses réelles restent sous 34 % de vos recettes, le micro est avantageux sur l'impôt. Si elles dépassent ce seuil, vous payez de l'impôt sur un bénéfice que vous n'avez pas réellement fait.

Pour un praticien qui n'a ni salarié ni gros matériel, le cabinet est souvent la première dépense. Au 2 novembre 2026, les cabinets loués à l'heure sur l'annuaire esthéJob affichent de 6 € à 25 € de l'heure (médiane 15 €), et au mois de 49 € à 690 € par mois (médiane 139,50 €). Rapporté à vos recettes, ce prix pèse très différemment selon votre tarif et le remplissage de votre agenda.

Le calcul utile est donc la part du cabinet dans vos recettes. À l'heure, si une heure de cabinet coûte 15 € et une séance 60 €, le cabinet pèse 25 % des recettes de chaque heure remplie. Avec une séance à 50 €, il pèse 30 %. Chaque heure louée et vide fait monter cette part.

Au mois, le forfait se paie aussi pendant vos vacances et vos semaines creuses. Un forfait choisi trop tôt, avec un agenda encore à moitié vide, peut à lui seul approcher le seuil de 34 %.

  • Repère n° 1 : vos dépenses professionnelles réelles (cabinet, assurance, logiciels, formation, déplacements, comptable), hors cotisations, dépassent déjà 34 % de vos recettes. La déclaration contrôlée réduit votre bénéfice imposable.
  • Repère n° 2 : elles sont sous 34 %, mais au réel vos cotisations sociales obligatoires se déduisent aussi. Le total peut dépasser 34 % : faites faire le calcul.
  • Repère n° 3 : vos dépenses sont faibles et vos recettes modestes. Le micro reste en général le plus simple, sans minimum de cotisations.

Exemple : un point de bascule avec un cabinet loué à l'heure

Hypothèses : 15 séances par semaine, dont la moitié à 50 € et l'autre à 60 €, pour 40 500 € de recettes sur 45 semaines. 18 heures de cabinet réservées par semaine à 15 € de l'heure, soit 12 150 € par an. Autres dépenses : 2 500 € par an. Ces chiffres sont des hypothèses de travail.

En micro-BNC, l'abattement vaut 34 % de 40 500 €, soit 13 770 €. Le bénéfice imposable est de 26 730 €.

En déclaration contrôlée, les dépenses hors cotisations s'élèvent à 14 650 €, soit 36 % des recettes. Le bénéfice avant cotisations est de 25 850 €, déjà plus bas qu'en micro. Il baisse encore une fois vos cotisations sociales obligatoires déduites.

Ici, le loyer suffit à faire basculer le choix sur l'impôt. Reste à comparer les cotisations : en micro, 23,4 % des 40 500 € de recettes ; au réel, un calcul par tranches sur votre revenu. Le simulateur de l'Urssaf ou un expert-comptable vous donnera le chiffre exact.

Exemple inverse : un cabinet bon marché, des recettes élevées

Hypothèses : 60 000 € de recettes, un cabinet au mois à 700 €, soit 8 400 € par an, et 3 500 € d'autres dépenses. Total des dépenses hors cotisations : 11 900 €, soit environ 20 % des recettes.

En micro-BNC, l'abattement de 34 % vaut 20 400 € : il dépasse largement les dépenses réelles hors cotisations. Sur l'impôt, le micro paraît plus favorable.

Mais au réel, les cotisations sociales obligatoires viendraient s'ajouter aux 11 900 € de dépenses. Selon leur montant, le total peut approcher ou dépasser les 34 %. C'est typiquement le cas où une simulation chiffrée vaut le coût d'un rendez-vous chez un expert-comptable.

Vos séances sont-elles soumises à la TVA ?

La TVA est un sujet à part du régime micro ou réel. Elle dépend d'abord de votre profession.

Sont exonérés de TVA les soins dispensés par les membres des professions médicales et paramédicales réglementées, et par les praticiens autorisés à faire usage du titre d'ostéopathe, de chiropracteur, de psychologue ou de psychothérapeute (article 261, 4, 1° du Code général des impôts ; BOFiP, BOI-TVA-CHAMP-30-10-20-10). L'exonération ne vise que les prestations à finalité thérapeutique : une activité sans but de soin reste taxable. Pour un psychothérapeute, un psychologue ou un chiropracteur, elle s'applique à partir de la date de confirmation de l'enregistrement.

Les activités hors du cadre légal des professions de santé ne bénéficient pas de cette exonération. Le BOFiP cite notamment la sophrologie et les naturothérapeutes (BOI-TVA-CHAMP-10-10-60-50, § 380). Ces praticiens sont redevables de la TVA dans les conditions de droit commun.

Ils peuvent toutefois bénéficier de la franchise en base de TVA tant que leurs recettes restent sous 37 500 € l'année précédente, et ne dépassent pas 41 250 € dans l'année en cours (BOFiP, BOI-TVA-DECLA-40-10-10, version du 1er juillet 2026). Leurs factures portent alors la mention « TVA non applicable, article 293 B du CGI ». La franchise de TVA et le micro-BNC ont des seuils différents : on peut être en micro et devoir la TVA.

Conséquence pour le cabinet : un praticien exonéré ou en franchise ne récupère pas la TVA que le lieu lui facture. Comparez les loyers toutes taxes comprises.

À quelle caisse cotisez-vous ?

Votre caisse de retraite dépend de votre profession, pas de votre régime fiscal. Les cotisations sont dans tous les cas déclarées à l'Urssaf.

  • Cipav : ostéopathes, psychologues, psychothérapeutes, ergothérapeutes, diététiciens, chiropracteurs, psychomotriciens (liste de la Cipav).
  • CARPIMKO : infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes, pédicures-podologues, orthophonistes et orthoptistes libéraux. L'affiliation est obligatoire et prend effet le premier jour du trimestre civil qui suit le début d'activité (CARPIMKO). Ces professions ont des règles propres : voyez la CARPIMKO et l'espace « praticien ou auxiliaire médical » de l'Urssaf.
  • Sophrologues, naturopathes, hypnothérapeutes et autres activités libérales non réglementées : elles ne figurent pas dans la liste de la Cipav. En micro-entreprise, leur taux est celui des « autres prestations de services BNC », 25,6 % en 2026.

Comment décider, concrètement ?

Rassemblez vos chiffres d'une année type, puis suivez ces étapes. Refaites l'exercice chaque fois que votre formule de cabinet change.

  • Estimez vos recettes : séances tenues par semaine × tarif moyen × semaines travaillées.
  • Calculez le coût annuel du cabinet : heures réservées × prix de l'heure × semaines, ou forfait mensuel × 12.
  • Ajoutez les autres dépenses professionnelles : assurance, logiciels, formation, supervision, déplacements, comptable.
  • Divisez le total par vos recettes. Au-dessus de 34 %, la déclaration contrôlée mérite un calcul précis.
  • Comparez les cotisations des deux régimes avec le simulateur de l'Urssaf.
  • Vérifiez votre situation de TVA, qui ne dépend pas de ce choix.
  • Faites valider le tout par un expert-comptable avant de lever l'option.

Questions fréquentes

Quel est le plafond du micro-BNC en 2026 ?

83 600 € de recettes hors taxes, pour 2026 à 2028 (contre 77 700 € de 2023 à 2025). Le régime n'est perdu qu'après deux années consécutives de dépassement.

Quel est l'abattement du micro-BNC ?

34 % des recettes, avec un minimum de 305 € (article 102 ter du Code général des impôts). Il est forfaitaire : il ne tient pas compte de vos vraies dépenses.

Le loyer du cabinet est-il déductible en micro-BNC ?

Non, pas pour son montant réel : il est censé être couvert par l'abattement de 34 %. En déclaration contrôlée, les loyers et charges locatives se déduisent de vos recettes.

Un psychologue ou un ostéopathe peut-il être micro-entrepreneur ?

Oui. Tous deux relèvent de la Cipav. En 2026, leur taux de cotisations en micro-entreprise est de 23,2 % des recettes, plus 0,2 % de formation professionnelle.

Quand la déclaration contrôlée devient-elle plus intéressante ?

Sur l'impôt, quand vos dépenses réelles, cotisations sociales obligatoires comprises, dépassent 34 % de vos recettes. Un cabinet cher par rapport à votre tarif, ou un agenda encore peu rempli, y mène souvent. Les cotisations sont à comparer à part.

Peut-on revenir au micro-BNC après avoir opté pour le réel ?

L'option vaut un an et se reconduit tacitement. Vous pouvez y renoncer dans les délais applicables, si vous remplissez toujours les conditions du micro. Faites-vous confirmer le calendrier par votre service des impôts.

Un naturopathe ou un sophrologue doit-il facturer la TVA ?

Ces activités ne bénéficient pas de l'exonération des professions de santé (BOFiP). Elles peuvent rester en franchise en base de TVA tant que les recettes restent sous 37 500 € l'année précédente et 41 250 € l'année en cours.

Les cotisations sociales sont-elles déductibles en déclaration contrôlée ?

Les cotisations obligatoires d'allocations familiales, de maladie et d'invalidité-décès se déduisent pour leur montant réel ; les cotisations de retraite, dans les limites de l'article 154 bis du Code général des impôts (notice 2035).

Kinésithérapeute ou infirmier : les mêmes taux s'appliquent-ils ?

Non. Ces professions cotisent à la CARPIMKO et ont leurs propres règles. Consultez la CARPIMKO et l'Urssaf avant de choisir votre régime.

Pour aller plus loin

S'installer, métier par métier : les autres guides

Dans les autres thèmes

© 2026 esthéJob — Tous droits réservés.