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Guides santé et bien-être · S'installer, métier par métier

S'installer en zone sous-dotée : aides et local (médecin, kiné, infirmier)

Les zones sont classées par l'ARS : son directeur général fixe par arrêté celles où l'accès aux soins est insuffisant et celles où les soignants sont particulièrement nombreux (CSP, L.1434-4). Les aides de l'Assurance maladie visent les premières : zones très sous-dotées pour les kinés et les infirmiers, aides ponctuelles à la première installation en ZIP ou en ZAC pour les médecins depuis le 1er janvier 2026. Le local, lui, reste soumis aux règles de chaque profession : vérifiez auprès de la CPAM que le cabinet choisi, partagé ou non, ouvre bien droit à l'aide.

Mis à jour le 23 octobre 2026 · chiffres recalculés chaque heure depuis les fiches de l'annuaire.

Qui classe les zones, et où vérifier la vôtre ?

Le code de la santé publique confie au directeur général de l'agence régionale de santé (ARS) le soin de déterminer, par arrêté, les zones où l'accès aux soins est insuffisant ou difficile, et celles où les soignants sont particulièrement nombreux (article L.1434-4). Chaque profession a son propre zonage : une commune peut être prioritaire pour les médecins et pas pour les kinés.

Pour les médecins, on parle de zone d'intervention prioritaire (ZIP) et de zone d'action complémentaire (ZAC) ; l'outil Rézone de l'Assurance maladie (rezonemed.ameli.fr) montre les zones éligibles aux aides, sans compte. Pour les kinés, ameli.fr distingue quatre niveaux : très sous-dotées, sous-dotées, intermédiaires et non prioritaires (anciennement sur-dotées). Pour les infirmiers, la page d'ameli.fr parle de zones très sous-dotées, intermédiaires et sur-dotées.

Les cartes en vigueur sont publiées sur le site de l'ARS de votre région. En cas de doute, la caisse d'assurance maladie (CPAM) du lieu visé tranche pour votre cas.

Médecin : quelles aides depuis le 1er janvier 2026 ?

Selon ameli.fr (page du 17 mars 2026), les contrats démographiques, dont le contrat d'aide à l'installation des médecins (CAIM), ne sont plus ouverts depuis le 1er janvier 2026. Ils sont remplacés par des aides ponctuelles : une aide à la première installation en ZIP, une autre en ZAC, et une aide à l'ouverture d'un cabinet secondaire en ZIP. Les montants figurent sur la page officielle ; ils peuvent évoluer.

Les conditions comptent pour le choix du local. L'aide à la première installation vise le médecin qui s'installe pour la première fois en libéral conventionné, au titre de son cabinet principal, en secteur 1 ou en secteur 2 avec Optam ou Optam-ACO. L'aide au cabinet secondaire exige « l'ouverture d'un nouveau cabinet » dans la commune classée ; le médecin qui reprend le cabinet d'un confrère pour en faire un cabinet secondaire n'y a pas droit. L'aide est versée par la CPAM dans les 3 mois suivant l'installation.

Côté déontologie, un second site se déclare au conseil départemental de l'Ordre au plus tard 2 mois avant le début (R.4127-85). Le local ne peut pas être commercial (R.4127-25), doit permettre le secret (R.4127-71), et le contrat qui vous en assure l'usage se communique à l'Ordre dans le mois (L.4113-9). Un cabinet loué à la journée dans un lieu partagé compte-t-il comme « nouveau cabinet » pour l'aide ? Posez la question à la CPAM avant de signer.

Kinésithérapeute : aides et règle « 1 départ pour 1 installation »

Les aides de l'Assurance maladie aux kinés visent les zones très sous-dotées. Trois contrats existent : création d'un cabinet, installation dans un cabinet existant, maintien de l'activité. Ils comportent des engagements, par exemple une durée d'exercice et un niveau d'activité minimal : lisez le contrat avant de choisir un local à l'essai.

En zone non prioritaire, c'est l'inverse : le conventionnement n'est accordé que si vous succédez à un confrère qui cesse définitivement son activité. Des cas dérogatoires existent depuis l'avenant 7 ; votre caisse vous les précisera. Dans ces zones, chercher un cabinet à céder devient souvent la seule voie.

Le local suit vos règles habituelles : pas de local commercial (R.4321-73), un seul cabinet secondaire déclaré à l'Ordre, et au-delà une autorisation en cas de carence (R.4321-129).

Infirmier : contrats CAII, Capii, Cami et zones sur-dotées

En zone très sous-dotée, trois contrats signés avec l'Assurance maladie et l'ARS existent : le CAII pour une installation, le Capii pour une première demande de conventionnement, le Cami pour le maintien d'un infirmier déjà installé. Parmi les engagements communs figure un exercice coordonné (en groupe, au sein d'une CPTS ou d'une équipe de soins primaires) : demandez à la CPAM si le cabinet partagé que vous visez y répond.

En zone sur-dotée, le conventionnement n'est accordé qu'au successeur d'un infirmier qui cesse définitivement son activité, avec des dérogations prévues par l'avenant 6. Dans les zones intermédiaires ou très dotées en périphérie des zones sur-dotées, le nouvel installé s'engage à réaliser deux tiers de son activité conventionnée dans sa zone.

Pour le local : pas de local commercial (R.4312-77). Un second site n'est possible qu'en cas de carence ou d'insuffisance des soins dans le secteur, sur demande au conseil départemental, dont le silence pendant 3 mois vaut autorisation (R.4312-72). Le classement de l'ARS ne dispense pas de cette demande.

Recherche cabinet en zone sous-dotée : maison de santé, cabinet partagé ou cabinet neuf ?

La maison de santé pluriprofessionnelle réunit des professionnels libéraux autour d'un projet de santé (CSP, L.6323-3) ; le centre de santé emploie des salariés (L.6323-1). Entre les deux, le cabinet partagé, le pôle santé et le coworking santé permettent de tester une commune à temps partiel avant de s'y engager.

Au 23 octobre 2026, l'annuaire esthéJob recense 61 lieux qui accueillent la santé ou la thérapie et louent un cabinet, dans 48 communes. Les cabinets s'y louent au mois de 70 € à 690 € par mois (médiane 140 €). Payez un loyer fixe plutôt qu'un pourcentage de vos honoraires (L.4113-5, lecture prudente).

Dans quel ordre faire les démarches ?

L'ordre évite de signer un local qui ne vous ouvrirait pas l'aide, ou pas le conventionnement.

  • Vérifier le zonage de votre profession dans la commune (ARS, Rézone, ameli.fr).
  • Lire la page officielle de l'aide et ses conditions, puis appeler la CPAM du lieu.
  • Choisir le local en respectant les règles de votre Ordre (local non commercial, secret, site distinct).
  • Signer un contrat écrit et le communiquer à l'Ordre.
  • Déposer la demande d'aide ou de contrat, puis vous installer.

Questions fréquentes

Les montants des aides sont-ils fixes d'une année à l'autre ?

Non : ils dépendent des conventions avec l'Assurance maladie et de leurs avenants. Consultez la page ameli.fr de votre profession au moment de vous installer, plutôt qu'un chiffre lu ailleurs.

Un kiné peut-il s'installer en zone non prioritaire sans reprendre un cabinet ?

Pour être conventionné, il doit en principe succéder à un confrère qui cesse définitivement son activité. Des dérogations existent : votre caisse d'assurance maladie vous dira si votre cas en relève.

Le classement d'une commune en zone sous-dotée vaut-il autorisation d'ouvrir un second site ?

Non. Le zonage est fixé par l'ARS ; l'autorisation ou la déclaration d'un site distinct relève de l'Ordre de votre profession, avec ses propres délais.

Un médecin qui reprend un cabinet existant touche-t-il l'aide au cabinet secondaire en ZIP ?

Non, selon ameli.fr : l'aide au cabinet secondaire suppose l'ouverture d'un nouveau cabinet, et la reprise du cabinet d'un confrère n'y ouvre pas droit.

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