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Guides santé et bien-être · S'installer, métier par métier

S'installer en libéral comme ergothérapeute : diplôme, micro-entreprise (auto-entrepreneur), cabinet et revenu (2026)

Pour s'installer en ergothérapeute libéral, il faut le diplôme d'État d'ergothérapeute, enregistré au RPPS avant d'exercer (les ergothérapeutes y ont basculé depuis ADELI le 13 mars 2024), une RC Pro, obligatoire pour tout professionnel de santé libéral, puis déclarer son activité. Vous cotisez à la Cipav : en micro-entreprise, 23,2 % des recettes en 2026, plus 0,2 % de formation professionnelle. Vos soins sont exonérés de TVA, mais l'Assurance maladie ne rembourse pas les actes d'un ergothérapeute en cabinet de ville, sauf dans les parcours d'intervention précoce pour enfants : hors de ce cadre, votre tarif est libre et le patient vous règle directement. Aucune règle de local n'est propre à la profession : au 3 novembre 2026, les cabinets de l'annuaire esthéJob se louent de 6 € à 25 € de l'heure (médiane 15 €), de quoi démarrer sans bail.

Mis à jour le 3 novembre 2026 · chiffres recalculés chaque heure depuis les fiches de l'annuaire.

Quel diplôme faut-il pour exercer comme ergothérapeute en libéral ?

L'ergothérapie est une profession de santé réglementée par le Code de la santé publique (articles L.4331-1 et suivants). Le diplôme exigé est le diplôme d'État français d'ergothérapeute (L.4331-3). Un ressortissant de l'Union européenne qui ne l'a pas peut obtenir une autorisation individuelle d'exercer, après avis d'une commission (L.4331-4).

Le titre « ergothérapeute » est réservé aux personnes qui remplissent ces conditions et dont le diplôme a été enregistré (L.4331-2). Il n'existe pas d'Ordre des ergothérapeutes : l'enregistrement du diplôme joue le rôle de porte d'entrée.

Depuis le 31 décembre 2025 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025), l'article L.4331-1 prévoit que les ergothérapeutes exercent sur prescription médicale ou dans le cadre d'un adressage vers une prise en charge pluriprofessionnelle. Ils peuvent prescrire certains dispositifs médicaux et aides techniques, dont la liste est fixée par arrêté, et renouveler les prescriptions médicales d'actes d'ergothérapie, sauf indication contraire du médecin.

  • Diplôme d'État d'ergothérapeute, ou autorisation d'exercer pour un diplôme européen.
  • Diplôme enregistré avant le premier patient.
  • Une prescription médicale ou un adressage dans un parcours pluriprofessionnel pour vos prises en charge.

RPPS ou ADELI : quel numéro pour un ergothérapeute en 2026 ?

Le répertoire ADELI n'existe plus pour les ergothérapeutes. Ils ont basculé dans le RPPS le 13 mars 2024, avec les psychomotriciens, les diététiciens, les techniciens de laboratoire et les manipulateurs d'électroradiologie (ARS). Si vous aviez un numéro ADELI, un numéro RPPS vous a été attribué automatiquement.

Jeune diplômé, vous vous enregistrez vous-même sur le portail e-RPPS de l'Agence du numérique en santé. Il n'y a plus de démarche papier auprès de l'ARS : depuis le 26 septembre 2024, l'ARS n'enregistre plus aucun dossier dans ADELI.

Gardez ce numéro à portée de main. Il figure sur vos documents, et un lieu sérieux qui vous loue un cabinet vous le demandera, avec votre attestation d'assurance.

Quel statut choisir : micro-entreprise ou régime réel ?

L'ergothérapeute n'est pas un auxiliaire médical conventionné. L'Urssaf réserve le régime des praticiens et auxiliaires médicaux conventionnés (PamC) aux médecins, chirurgiens-dentistes, sages-femmes, infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes, pédicures-podologues, orthophonistes et orthoptistes. Ces derniers ne peuvent pas être micro-entrepreneurs ; l'ergothérapeute, lui, le peut.

La micro-entreprise (auto-entrepreneur) est souvent le premier choix : vous déclarez vos recettes chaque mois ou chaque trimestre, et vos cotisations sont un pourcentage de ce que vous avez encaissé. Pas de recettes, pas de cotisations. Le régime est ouvert jusqu'à 83 600 € de recettes par an pour une activité de services en 2026, au prorata la première année.

Au régime réel (déclaration contrôlée), vos cotisations sont calculées sur votre bénéfice, après déduction de vos vrais frais, dont le loyer du cabinet. Il faut en contrepartie tenir une comptabilité plus complète, et payer des cotisations minimales même une année sans bénéfice. Notre guide sur le choix entre micro-BNC et déclaration contrôlée donne le point de bascule.

Dans tous les cas, l'activité se déclare sur le guichet unique des formalités des entreprises. Pour un choix adapté à votre situation, interrogez l'Urssaf ou un expert-comptable.

Quelles cotisations paie un ergothérapeute à son compte ?

Pour la retraite et l'invalidité-décès, l'ergothérapeute dépend de la Cipav, qui le cite parmi les professions de son périmètre, avec les ostéopathes, psychologues, psychothérapeutes, diététiciens, chiropracteurs et psychomotriciens. L'Urssaf collecte les cotisations.

En micro-entreprise, le taux 2026 des professions libérales réglementées relevant de la Cipav est de 23,2 % des recettes encaissées (Urssaf, Service-Public). S'y ajoute la contribution à la formation professionnelle, 0,2 % des recettes pour une profession libérale.

Avec l'ACRE, si vous démarrez à partir du 1er juillet 2026, le taux est de 17,4 % jusqu'à la fin du troisième trimestre civil qui suit votre début d'activité (Urssaf). La demande se fait dans les 60 jours qui suivent le début d'activité, et vous devez remplir les conditions d'éligibilité.

Au régime réel, l'Urssaf fixe pour 2026 des cotisations minimales Cipav : 573 € pour la retraite de base, 58 € pour les indemnités journalières, 89 € pour l'invalidité-décès et 120 € de formation professionnelle. Le reste est calculé sur votre revenu réel. Notre guide sur les cotisations Cipav et CARPIMKO en 2026 détaille la réforme de l'assiette.

Les séances d'ergothérapie sont-elles soumises à la TVA ?

Non, en principe. L'article 261, 4, 1° du Code général des impôts exonère les soins dispensés par les membres des professions médicales et paramédicales réglementées par le Code de la santé publique (BOFiP). L'ergothérapie en fait partie. L'exonération suppose une finalité thérapeutique : prévenir, diagnostiquer, soigner.

Une activité sans but thérapeutique n'est pas couverte par cette exonération. Le BOFiP le rappelle pour les activités de conseil auprès d'entreprises. Si vous développez à côté une activité de formation ou de conseil, posez la question à votre service des impôts des entreprises.

Le revers : vous ne récupérez pas la TVA que vous payez. Un cabinet meublé ou équipé est en principe loué avec TVA. Comparez donc toujours les cabinets sur leur prix toutes taxes comprises.

Les séances d'ergothérapie sont-elles remboursées par l'Assurance maladie ?

En cabinet de ville, non. L'Assurance maladie l'écrit sans détour : « Les actes des ergothérapeutes, psychomotriciens en cabinet de ville ne sont pas remboursés. » Ils sont en revanche pris en charge, sans avance de frais, lorsqu'ils sont réalisés dans un CAMSP, un CMP ou un CMPP.

Il existe une exception importante pour les enfants : le parcours de bilan et d'intervention précoce, organisé par une plateforme de coordination et d'orientation (PCO), pour un enfant chez qui l'on suspecte un trouble du neuro-développement, avant 12 ans. Les ergothérapeutes libéraux qui ont signé un contrat avec la plateforme y sont rémunérés par un forfait, sans avance de frais pour la famille.

L'arrêté du 26 mai 2026 fixe ce forfait à 1 500 € par professionnel, pour un bilan valorisé 140 € et 35 séances de 45 minutes en moyenne sur 12 mois, renouvelables une fois. Le bilan seul est payé 140 €. Ramené à la séance, cela fait environ 39 € une fois le bilan déduit. C'est un repère utile pour situer votre tarif libre.

Hors de ces parcours, vous fixez votre tarif. Le patient vous règle directement. Dites-le clairement dès la prise de rendez-vous : beaucoup de familles découvrent qu'il n'y a pas de remboursement au moment de payer.

Quel local pour un cabinet d'ergothérapie ?

Nos vérifications n'ont trouvé aucune règle de local propre aux ergothérapeutes : pas d'interdiction du local commercial, pas de surface minimale. Un cabinet pluridisciplinaire, un pôle santé, un centre paramédical ou un coworking santé conviennent.

Deux obligations s'appliquent quand même. Le secret professionnel (CSP, article L.1110-4) impose une pièce fermée où l'on ne vous entend pas depuis la salle d'attente. Et le cabinet reçoit du public : il doit être accessible ou disposer des dérogations nécessaires, avec son registre d'accessibilité.

Pensez à l'usage réel. Les mises en situation demandent souvent de la place, une table à bonne hauteur, du rangement pour le matériel et les aides techniques, et un accès sans marche pour les personnes en fauteuil roulant. Si une partie de vos séances a lieu chez les patients, à l'école ou en établissement, un cabinet loué à l'heure évite de payer un local vide.

  • Une pièce fermée et bien isolée, pour le secret.
  • Un accès de plain-pied ou un ascenseur, des toilettes accessibles.
  • Une table réglable ou à bonne hauteur, et la place de manœuvrer un fauteuil roulant.
  • Un rangement fermé, pour ne pas tout transporter à chaque séance.
  • Des créneaux après l'école et le mercredi si vous recevez des enfants.

Partager un cabinet avec d'autres soignants : ce qu'il faut savoir

Partager un cabinet avec un psychomotricien, un orthophoniste ou un psychologue est fréquent, et logique : les familles trouvent plusieurs professionnels au même endroit, et les adressages se font plus facilement.

Une précaution si le lieu accueille des infirmiers ou des kinésithérapeutes : eux n'ont pas le droit d'exercer dans un local commercial (R.4312-77 pour les infirmiers). Un lieu qui les accueille déjà a donc, en principe, été choisi en conséquence. Pour vous, cette règle ne s'applique pas.

Le contrat dépend du rythme. À l'heure ou au créneau, on signe une convention de mise à disposition. Pour une installation durable dans un local, on signe plutôt un bail professionnel. Faites relire le contrat avant de vous engager, et vérifiez ce que comprend le loyer : ménage, internet, salle d'attente, matériel.

Combien gagne un ergothérapeute libéral, une fois le cabinet payé ?

Aucune statistique publique récente ne donne le revenu des ergothérapeutes libéraux. Voici deux exemples construits sur des hypothèses, à remplacer par vos chiffres. Le tarif de 50 € la séance, les prix de cabinet et les frais sont des hypothèses, pas des normes. Pour situer le loyer, au 3 novembre 2026, les cabinets loués à l'heure dans l'annuaire esthéJob affichent de 6 € à 25 € de l'heure (médiane 15 €), et ceux loués au mois de 49 € à 690 € par mois (médiane 139,50 €).

Exemple 1, au démarrage : 12 séances par semaine à 50 €, 45 semaines travaillées, micro-entreprise Cipav sans ACRE, 14 heures de cabinet réservées par semaine à 15 € de l'heure, 2 500 € d'autres frais par an (assurance, matériel, déplacements).

  • Recettes : 12 × 50 € × 45 = 27 000 €.
  • Cotisations et formation professionnelle (23,4 %) : 6 318 €.
  • Cabinet : 14 h × 15 € × 45 = 9 450 €.
  • Autres frais : 2 500 €.
  • Il reste 8 732 € par an, environ 730 € par mois, avant impôt sur le revenu.
  • Exemple 2, activité installée : 20 séances par semaine à 50 €, 45 semaines, cabinet au mois à 650 € (7 800 € par an), 3 500 € d'autres frais. Recettes 45 000 €, cotisations 10 530 €, il reste 23 170 € par an, environ 1 930 € par mois avant impôt.
  • Dans l'exemple 1, le cabinet pèse plus que les cotisations : c'est le premier levier à travailler, en réservant au plus près de votre agenda réel.

Dans quel ordre faire les démarches ?

  • 1. Obtenir le diplôme d'État et s'enregistrer sur e-RPPS.
  • 2. Souscrire une RC Pro : elle est obligatoire pour un professionnel de santé libéral (CSP, L.1142-2).
  • 3. Choisir son régime (micro-entreprise ou réel) et déclarer l'activité sur le guichet unique ; demander l'ACRE dans les 60 jours si vous y avez droit.
  • 4. Se rapprocher d'une plateforme de coordination et d'orientation si vous voulez travailler avec des enfants dans le parcours d'intervention précoce.
  • 5. Chercher un cabinet partagé : comparer le prix TTC, ramené au coût par séance tenue.
  • 6. Fixer son tarif et l'afficher clairement, en disant que les séances ne sont pas remboursées en cabinet de ville.

Questions fréquentes

Un ergothérapeute peut-il être micro-entrepreneur ?

Oui. Le régime des praticiens et auxiliaires médicaux conventionnés, qui interdit la micro-entreprise, ne vise pas les ergothérapeutes. En 2026, les cotisations sont de 23,2 % des recettes (taux Cipav), plus 0,2 % de formation professionnelle, dans la limite de 83 600 € de recettes par an.

À quelle caisse de retraite cotise un ergothérapeute libéral ?

À la Cipav, qui cite les ergothérapeutes parmi les professions de son périmètre. Les cotisations sont déclarées et payées à l'Urssaf.

Un ergothérapeute a-t-il un numéro ADELI ?

Plus maintenant. Les ergothérapeutes ont basculé dans le RPPS le 13 mars 2024. Un nouveau diplômé s'enregistre sur le portail e-RPPS ; l'ARS n'enregistre plus de dossier ADELI depuis le 26 septembre 2024.

Les séances d'un ergothérapeute libéral sont-elles remboursées ?

Pas en cabinet de ville, selon l'Assurance maladie. Elles le sont dans un CAMSP, un CMP ou un CMPP, et les ergothérapeutes qui ont un contrat avec une plateforme de coordination et d'orientation sont payés par un forfait pour les enfants du parcours d'intervention précoce (1 500 € pour un bilan et 35 séances en moyenne, selon l'arrêté du 26 mai 2026).

Un ergothérapeute doit-il facturer la TVA ?

Non pour ses soins à finalité thérapeutique : l'article 261, 4, 1° du CGI exonère les professions paramédicales réglementées par le Code de la santé publique. Une activité de conseil ou de formation sans but thérapeutique peut, elle, être taxable.

Faut-il une prescription médicale pour voir un ergothérapeute ?

Le Code de la santé publique prévoit que l'ergothérapeute exerce sur prescription médicale ou dans le cadre d'un adressage vers une prise en charge pluriprofessionnelle (article L.4331-1, modifié au 31 décembre 2025).

Un ergothérapeute peut-il louer un cabinet dans un local commercial ?

Aucune interdiction propre aux ergothérapeutes n'a été trouvée, à la différence des infirmiers et des kinésithérapeutes. Le secret professionnel et l'accessibilité du cabinet s'appliquent, eux, pleinement.

Combien coûte un cabinet pour un ergothérapeute ?

Au 3 novembre 2026, les cabinets de l'annuaire esthéJob se louent de 6 € à 25 € de l'heure (médiane 15 €), ou de 49 € à 690 € par mois (médiane 139,50 €). Ramenez toujours le prix au coût par séance réellement tenue pour comparer les formules.

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