Ouvrir un cabinet secondaire : ce que dit chaque profession
Tout dépend de votre profession. Le médecin et les sages-femmes déclarent un site distinct au conseil départemental au plus tard 2 mois avant de commencer (R.4127-85, R.4127-362) ; le kinésithérapeute déclare un seul cabinet secondaire (R.4321-129). Le chirurgien-dentiste, l'infirmier et le pédicure-podologue doivent obtenir une autorisation, accordée sous conditions (R.4127-270, R.4312-72, R.4322-79). L'ostéopathe et le psychologue n'ont pas d'Ordre, et aucune règle de cabinet secondaire n'a été relevée pour eux.
Mis à jour le 23 octobre 2026 · chiffres recalculés chaque heure depuis les fiches de l'annuaire.
Cabinet secondaire ou site distinct : de quoi parle-t-on ?
Votre lieu d'exercice habituel est votre résidence professionnelle, celle qui est inscrite au tableau de l'Ordre (R.4127-85 pour les médecins, R.4312-72 pour les infirmiers). Tout autre lieu où vous recevez des patients est un cabinet secondaire, que les textes récents appellent aussi « site distinct ».
Louer un cabinet à partager un jour par semaine, ou quelques heures dans un coworking santé, en plus de votre cabinet principal, revient donc à exercer sur un second site. La démarche auprès de l'Ordre se fait avant de commencer, pas après la première consultation.
Voici les régimes en bref. Les sections suivantes les détaillent.
- Médecin : déclaration au plus tard 2 mois avant, sans limite du nombre de sites (R.4127-85).
- Sage-femme : déclaration au plus tard 2 mois avant (R.4127-362).
- Kinésithérapeute : un cabinet secondaire déclaré ; au-delà, autorisation en cas de carence (R.4321-129).
- Chirurgien-dentiste : autorisation, délivrée dans les 3 mois, deux exercices au plus (R.4127-270, R.4127-272).
- Infirmier : autorisation en cas de carence, silence de 3 mois = autorisation (R.4312-72).
- Pédicure-podologue : autorisation du conseil régional en cas de carence, silence de 3 mois = accord (R.4322-79).
- Ostéopathe, psychologue, professions de santé sans Ordre : aucune règle relevée.
Médecin et sage-femme : une déclaration 2 mois avant
Le médecin « peut exercer son activité professionnelle sur un ou plusieurs sites distincts » de sa résidence professionnelle (R.4127-85, version en vigueur depuis le 30 juillet 2026). Il envoie une déclaration préalable au conseil départemental du lieu du site, par un moyen qui donne date certaine à sa réception, au plus tard 2 mois avant le début.
Le conseil ne peut s'y opposer que pour un manquement aux obligations de qualité, de sécurité et de continuité des soins, par une décision motivée dans les 2 mois. Il peut aussi s'y opposer plus tard si ces obligations ne sont plus remplies. La déclaration est personnelle et incessible, et le texte ne fixe aucun nombre maximal de sites.
Pour les sages-femmes, le code de déontologie issu du décret n° 2025-1426 (applicable depuis le 31 décembre 2025) suit le même schéma : déclaration préalable au plus tard 2 mois avant le début, opposition seulement pour des motifs de qualité, de sécurité ou de continuité des soins, par décision motivée dans les 2 mois (R.4127-362).
Kinésithérapeute : un cabinet secondaire déclaré
Le kinésithérapeute peut avoir un seul cabinet secondaire, à condition de le déclarer au conseil départemental de l'Ordre. Au-delà, il lui faut une autorisation, possible en cas de carence ; le silence du conseil pendant 2 mois vaut accord (R.4321-129).
Deux autres règles comptent au moment de choisir le lieu. Le kinésithérapeute ne peut pas exercer dans des locaux commerciaux ni dans un lieu qui vend des dispositifs médicaux qu'il peut prescrire (R.4321-73). S'il s'installe dans un immeuble où exerce déjà un confrère, il lui faut l'accord de ce dernier ou l'autorisation de l'Ordre, avec un délai de 2 mois (R.4321-133).
Chirurgien-dentiste, infirmier, podologue : une autorisation à obtenir
Le chirurgien-dentiste libéral ne peut exercer sur un site distinct qu'en cas de carence ou d'insuffisance des soins disponibles dans le secteur, ou lorsque ses soins exigent un environnement adapté (équipements, techniques, coordination). La demande part au conseil départemental par lettre recommandée avec avis de réception ; l'autorisation est délivrée dans les 3 mois suivant le dossier complet, et elle est personnelle et incessible (R.4127-270). Le texte ne prévoit pas que le silence vaille accord. Le dentiste ne peut en outre avoir que deux exercices (R.4127-272).
L'infirmier ne peut exercer sur des sites distincts qu'en cas de carence ou d'insuffisance des soins disponibles. Il en fait la demande au conseil départemental ; le silence pendant 3 mois vaut autorisation, personnelle et incessible (R.4312-72).
Le pédicure-podologue a besoin de l'autorisation du conseil régional, en cas de carence ; le silence pendant 3 mois vaut accord (R.4322-79). Exercer dans un organisme pour ses propres patients relève de l'« exercice annexe » depuis le décret n° 2024-325 (R.4322-80).
Ostéopathe, psychologue et professions sans Ordre : quelles règles ?
L'ostéopathe porte un titre protégé et s'enregistre au RPPS, mais il n'a pas d'Ordre. Aucune règle de local ni de cabinet secondaire n'a été relevée : un coworking santé ou un centre de bien-être est possible. Sa RC Pro est obligatoire depuis le 1er janvier 2015 (loi n° 2014-201) ; prévenez votre assureur de chaque nouveau lieu.
Le psychologue porte lui aussi un titre protégé (loi n° 85-772, art. 44) et s'enregistre au RPPS depuis le 3 juin 2024. Il n'a pas d'Ordre, son code de déontologie n'est pas réglementaire et aucune règle de local n'a été relevée. Le secret relève de la bonne pratique : une pièce fermée et insonorisée sur chaque site.
Orthophonistes, orthoptistes, psychomotriciens, ergothérapeutes et diététiciens sont des professions de santé sans Ordre. Aucune règle de cabinet secondaire n'apparaît dans les textes relevés ; le secret professionnel (L.1110-4) demande une pièce fermée et insonorisée. En cas de doute, interrogez l'organisme de votre profession.
Recherche cabinet à partager pour un second site : que vérifier ?
Quel que soit le régime, quelques vérifications reviennent pour toutes les professions à Ordre. Faites-les avant de signer, et avant d'envoyer votre déclaration ou votre demande. L'annuaire esthéJob recense, au 23 octobre 2026, 61 lieux qui louent un cabinet ou une cabine aux praticiens de santé et de thérapie, dans 48 communes : de quoi comparer avant d'écrire à l'Ordre.
- Le lieu n'est pas un local commercial : médecin (R.4127-25), dentiste (R.4127-223), kinésithérapeute (R.4321-73), infirmier (R.4312-77), sage-femme (R.4127-344), podologue (R.4322-44).
- Aucun confrère n'exerce dans l'immeuble, ou vous avez son accord : médecin de même discipline (R.4127-90), dentiste (R.4127-278), kinésithérapeute (R.4321-133), infirmier (R.4312-68).
- La convention qui vous donne l'usage du cabinet est écrite et communiquée à l'Ordre : dans le mois pour médecins, dentistes et sages-femmes (L.4113-9).
- Le prix est fixe, pas un pourcentage de vos honoraires (L.4113-5, lecture prudente).
- Votre RC Pro couvre le nouveau site : elle est obligatoire pour tout professionnel de santé libéral (L.1142-2).
Questions fréquentes
Un médecin peut-il consulter un jour par semaine dans un coworking santé en plus de son cabinet ?
Oui, si le lieu n'est pas un local commercial (R.4127-25) et garantit le secret (R.4127-71). Ce coworking est un site distinct : déclaration au conseil départemental du lieu au plus tard 2 mois avant la première consultation (R.4127-85).
L'Ordre peut-il refuser un cabinet secondaire ?
Pour les médecins et les sages-femmes, seulement pour des motifs de qualité, de sécurité ou de continuité des soins, par décision motivée dans les 2 mois (R.4127-85, R.4127-362). Pour un dentiste, un infirmier ou un podologue, l'autorisation suppose une carence ou, pour le dentiste, un environnement adapté.
Un chirurgien-dentiste peut-il avoir trois cabinets ?
En principe non : en libéral, il ne peut avoir que deux exercices, quelle qu'en soit la forme (R.4127-272). Le Conseil national peut accorder une dérogation dans des cas exceptionnels, et un remplacement ne compte pas.
Peut-on céder sa déclaration ou son autorisation de site distinct à un confrère ?
Non. Pour les médecins, la déclaration est personnelle et incessible (R.4127-85) ; pour les dentistes et les infirmiers, l'autorisation l'est aussi (R.4127-270, R.4312-72). Le praticien qui reprend le lieu fait sa propre démarche.
Sources
Textes officiels relus le 22 octobre 2026. Ils ne remplacent pas l'avis de l'Ordre ou de l'organisme de la profession.
- Code de la santé publique, article R.4127-85 (médecin, sites distincts)
- Code de la santé publique, article R.4127-270 (chirurgien-dentiste, sites distincts)
- Code de la santé publique, article R.4127-272 (chirurgien-dentiste, deux exercices)
- Code de la santé publique, article R.4312-72 (infirmier, sites distincts)
- Code de déontologie des masseurs-kinésithérapeutes, publié par l'Ordre
- Code de déontologie des sages-femmes (décret n° 2025-1426), version de l'Ordre
- Code de la santé publique, article L.4113-9 (communication des contrats)
Pour aller plus loin
- Médecin : consulter dans un cabinet partagé
- Chirurgien-dentiste : lieu d'exercice et second site
- Podologue : cabinet secondaire et local partagé
- Sage-femme : exercer sur un site distinct
- Cabinets médicaux à louer
- Trouver un cabinet à partager
Les règles de chaque profession : les autres guides
- Bail professionnel ou bail commercial : lequel signer pour un cabinet ?
- Reprendre un cabinet à céder : patientèle, bail, prix
- Chirurgien-dentiste : lieu d'exercice, second site et partage de locaux
- Convention de mise à disposition ou bail : quel contrat pour un cabinet partagé ?
- Infirmier libéral : pourquoi le local commercial est interdit, et que louer à la place ?
- Un kinésithérapeute peut-il exercer dans un coworking ?
- Peut-on faire du massage bien-être sans être kinésithérapeute ?
- Un médecin peut-il consulter dans un coworking santé ou un cabinet partagé ?
- Pédicure-podologue : cabinet secondaire et local partagé, ce que dit l'Ordre
- Plaque, adresse, domiciliation : comment se signaler quand on loue un cabinet à la journée ?
- Engagement et préavis : peut-on arrêter une location de cabinet quand on veut ?
- Peut-on payer son cabinet en pourcentage de ses honoraires ?
- Remplaçant, collaborateur ou locataire : sous quel statut occuper le cabinet d'un autre ?
- Sage-femme : exercer sur un site distinct depuis le code de déontologie de 2025
- Sous-louer un cabinet : est-ce légal ?
Dans les autres thèmes
- Accessibilité d'un cabinet partagé : ERP, registre, qui est responsable ?
- Accueillir des kinés, infirmiers, sages-femmes : ce que le gérant doit savoir
- Rédiger et publier l'annonce de son cabinet à louer ou à partager
- Comment rédiger une annonce « recherche cabinet » qui obtient des réponses ?
- Quel budget pour s'installer en cabinet partagé ?
- Cabinet à l'heure, à la demi-journée ou à temps partiel : que choisir ?