Un médecin peut-il consulter dans un coworking santé ou un cabinet partagé ?
Oui, aucun article du code de déontologie ne l'interdit, à condition d'en respecter les règles, modifiées le 30 juillet 2026. Le lieu ne doit pas être un local commercial (R.4127-25) et doit permettre le respect du secret (R.4127-71) ; s'il n'est pas votre résidence professionnelle, c'est un site distinct à déclarer au conseil départemental au plus tard 2 mois avant (R.4127-85) ; la convention qui vous en donne l'usage se communique dans le mois (L.4113-9). Aucune position de l'Ordre sur le coworking médical n'a été trouvée : renseignez-vous auprès du conseil départemental.
Mis à jour le 23 octobre 2026 · chiffres recalculés chaque heure depuis les fiches de l'annuaire.
Qu'a changé le code de déontologie médicale le 30 juillet 2026 ?
Le décret n° 2026-691 du 27 juillet 2026 a modifié le code de déontologie médicale, en vigueur depuis le 30 juillet 2026. Plusieurs articles utiles à un médecin qui cherche un cabinet ont une nouvelle version : locaux commerciaux (R.4127-25), installation (R.4127-71), sites distincts (R.4127-85), immeuble d'un confrère (R.4127-90).
La plaque a changé de numéro : elle relève désormais de R.4127-92, et non plus de l'ancien R.4127-81. Si vous lisez un guide publié avant août 2026, vérifiez les numéros cités.
Aucun article ne parle de coworking, de vacation, de temps partagé ni de location à l'heure. Les précautions de ce guide découlent des articles généraux sur le lieu, les sites et les contrats.
Le lieu : pas de local commercial, des locaux adéquats
« Il est interdit au médecin de dispenser des consultations, prescriptions ou avis médicaux dans des locaux commerciaux ou dans tout autre lieu où sont mis en vente des médicaments, produits ou appareils qu'il prescrit ou qu'il utilise » (R.4127-25). Depuis 2026, l'interdiction vise aussi le médecin qui exerce au moyen d'un dispositif installé dans de tels locaux, sauf en officine ou dans d'autres locaux où l'exercice de professionnels de santé est autorisé.
Notre lecture prudente : un institut ou un espace beauté qui vend des produits est un local commercial. Un médecin, médecine esthétique comprise, n'y consulte pas. Un coworking santé qui ne vend rien au public ne pose pas cette difficulté. La médecine ne doit pas non plus être pratiquée comme un commerce (R.4127-19).
Le médecin doit disposer, « aux lieux de son exercice professionnel », d'une installation convenable, de locaux adéquats permettant le respect du secret professionnel et de moyens techniques suffisants (R.4127-71). L'exigence vaut pour chaque lieu, coworking compris. La médecine foraine reste interdite (R.4127-74).
En plus de votre cabinet : la déclaration de site distinct
Votre lieu habituel est votre résidence professionnelle, inscrite au tableau. Un coworking où vous consultez un ou deux jours par semaine en plus est un site distinct. Vous envoyez une déclaration préalable au conseil départemental du lieu, par un moyen qui donne date certaine à sa réception, au plus tard 2 mois avant le début (R.4127-85).
Le conseil ne peut s'opposer que pour un manquement aux obligations de qualité, de sécurité et de continuité des soins, par décision motivée dans les 2 mois. Il peut aussi s'opposer à tout moment si ces obligations ne sont plus remplies. La déclaration est personnelle et incessible, et le texte ne limite pas le nombre de sites. Un recours au Conseil national est ouvert avant tout recours contentieux.
Si le cabinet partagé devient votre seul lieu d'exercice, c'est lui qui devient votre résidence professionnelle : voyez avec le conseil départemental les formalités d'inscription.
Un confrère de même discipline exerce déjà dans l'immeuble ?
S'installer dans un immeuble où exerce un confrère de même discipline demande son accord ou, à défaut, l'autorisation du conseil départemental. Celle-ci ne peut être refusée que pour un risque de confusion pour le public, et le silence pendant 2 mois vaut autorisation (R.4127-90).
Dans un coworking santé, posez la question au gérant avant de réserver : quelles spécialités exercent déjà dans le bâtiment ? Si un confrère de votre discipline y consulte, demandez-lui son accord par écrit.
Le contrat et le prix : ce que l'Ordre regarde
Le médecin qui n'est pas propriétaire de son local communique au conseil départemental, dans le mois, les contrats qui lui en assurent l'usage (L.4113-9). Une convention de mise à disposition d'un cabinet, même à l'heure, en fait partie. Gardez-la écrite et signée.
Le Conseil national de l'Ordre des médecins publie des contrats types (association, société de moyens, remplacement, collaboration), mais aucun modèle de location de cabinet à l'heure n'a été vu. Faites relire votre convention par le conseil départemental si vous avez un doute.
Côté prix, la loi interdit à toute personne non qualifiée de recevoir tout ou partie des honoraires (L.4113-5). Notre lecture prudente : un loyer fixe à l'heure, à la journée ou au mois, jamais un pourcentage de vos consultations. Rappel : il est interdit de faire tenir son cabinet par un confrère (R.4127-89).
Recherche cabinet médical ou paramédical à partager : la liste avant de réserver
L'annuaire esthéJob recense, au 23 octobre 2026, 61 lieux qui louent un cabinet ou une cabine aux praticiens de santé et de thérapie, dont 31 accueillent déjà des soignants. Avant de réserver, vérifiez ces points.
- Le lieu ne vend aucun produit au public (R.4127-25).
- La pièce est fermée, insonorisée, avec le matériel dont vous avez besoin (R.4127-71).
- Déclaration de site distinct envoyée au moins 2 mois avant la première consultation (R.4127-85).
- Aucun confrère de même discipline dans l'immeuble, ou son accord écrit (R.4127-90).
- Convention écrite à prix fixe, communiquée dans le mois (L.4113-9).
- RC Pro qui couvre l'ensemble de votre activité, ce lieu compris (L.1142-2).
- Plaque discrète, à l'entrée de l'immeuble et à la porte (R.4127-92).
Questions fréquentes
Un médecin esthétique peut-il consulter dans un institut de beauté ?
À notre lecture, non, si l'institut vend des produits : c'est un local commercial, et R.4127-25 interdit d'y donner des consultations. Le texte ne tranche pas chaque cas ; interrogez le conseil départemental avant de signer.
Faut-il une autorisation de l'Ordre pour consulter dans un coworking santé ?
Non, une déclaration suffit, au plus tard 2 mois avant le début. Le conseil départemental peut s'y opposer seulement pour des motifs de qualité, de sécurité ou de continuité des soins, par décision motivée dans les 2 mois (R.4127-85).
Un médecin peut-il partager un cabinet avec un psychologue ou un ostéopathe ?
Les articles cités ici ne l'interdisent pas : la règle de l'immeuble ne vise que le confrère de même discipline (R.4127-90). Le secret doit rester garanti (R.4127-71) : salle d'attente, dossiers et ordinateurs organisés pour que rien ne se mélange.
Que risque un médecin qui n'a pas d'assurance RC Pro ?
Les professionnels de santé libéraux sont tenus de s'assurer pour l'ensemble de leur activité, et la juridiction disciplinaire peut prononcer des sanctions en cas de manquement (L.1142-2). Prévenez votre assureur de chaque nouveau lieu.
Sources
Textes officiels relus le 22 octobre 2026. Ils ne remplacent pas l'avis de l'Ordre ou de l'organisme de la profession.
- Code de la santé publique, article R.4127-25 (locaux commerciaux, version du 30 juillet 2026)
- Code de la santé publique, article R.4127-71 (installation)
- Code de la santé publique, article R.4127-85 (sites distincts)
- Code de la santé publique, article R.4127-90 (immeuble d'un confrère)
- Code de la santé publique, article R.4127-92 (plaque)
- Code de la santé publique, article L.4113-9 (communication des contrats)
- Code de la santé publique, article L.1142-2 (assurance)
- Décret n° 2026-691 : synthèse de la Fédération hospitalière de France
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