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Guides santé et bien-être · Les règles de chaque profession

Pédicure-podologue : cabinet secondaire et local partagé, ce que dit l'Ordre

Un pédicure-podologue peut ouvrir un cabinet secondaire en cas de carence, avec l'autorisation du conseil régional de l'Ordre, dont le silence pendant 3 mois vaut accord (R.4322-79). Il peut aussi partager un local, à une condition : ne pas exercer « au sein de locaux à finalité commerciale partagés avec des personnes exerçant une activité commerciale » (R.4322-44). Un coworking santé ou un cabinet partagé entre praticiens convient donc, une boutique non.

Mis à jour le 22 octobre 2026 · chiffres recalculés chaque heure depuis les fiches de l'annuaire.

Qu'est-ce qu'un cabinet secondaire pour un podologue ?

Le cabinet secondaire est un lieu d'exercice qui s'ajoute à votre cabinet principal. Pour les pédicures-podologues, il dépend d'une autorisation du conseil régional de l'Ordre, accordée en cas de carence. Si le conseil régional ne répond pas dans les 3 mois, son silence vaut accord (R.4322-79).

Concrètement, louer quelques créneaux dans un coworking santé, en plus de votre cabinet habituel, revient à exercer sur un second site. La démarche auprès du conseil régional se fait donc avant de commencer, pas après.

Un cas particulier existe depuis le décret n° 2024-325 du 8 avril 2024 : exercer dans un organisme pour ses propres patients relève de l'« exercice annexe » (R.4322-80). Si votre projet ressemble à ce cas, demandez au conseil régional quel régime s'applique.

  • Cabinet secondaire : autorisation du conseil régional, en cas de carence (R.4322-79).
  • Silence de 3 mois : accord (R.4322-79).
  • Exercice dans un organisme pour ses propres patients : « exercice annexe » (R.4322-80).

Peut-on partager un local avec d'autres praticiens ?

Oui, tant que le lieu n'est pas un local commercial partagé avec des commerçants. L'article R.4322-44 interdit de dispenser des actes « au sein de locaux à finalité commerciale partagés avec des personnes exerçant une activité commerciale ».

Un coworking santé qui réunit des kinésithérapeutes, des infirmiers ou des diététiciens n'entre pas, à notre lecture, dans cette description. Un cabinet installé dans une boutique de chaussures, une pharmacie ou un magasin qui vend au public, en revanche, pose problème.

Les lieux mixtes demandent plus de prudence. Si votre voisin de palier vend des produits dans le même espace, demandez l'avis du conseil régional avant de signer.

Un bail commercial est-il interdit ?

Non. Le code autorise expressément le bail commercial (R.4322-84). Ce qui compte n'est pas la forme du contrat mais la nature du lieu : un cabinet de soins peut être loué par bail commercial, alors qu'un local de vente partagé avec des commerçants reste exclu par R.4322-44.

Le code demande aussi que le local soit détenu « en vertu de titres réguliers » (R.4322-77). Gardez le contrat qui vous donne l'usage du cabinet, qu'il s'agisse d'un bail ou d'une convention de mise à disposition à l'heure. En cas de doute sur la valeur d'une convention de coworking, interrogez le conseil régional.

Vos contrats sont par ailleurs à communiquer à l'Ordre, comme pour les autres professions à Ordre.

Quelles conditions matérielles le cabinet doit-il remplir ?

L'article R.4322-77 fixe les conditions matérielles : un local détenu régulièrement, du mobilier, du matériel, une pièce distincte et le matériel nécessaire aux orthèses. L'Ordre les détaille dans une recommandation opposable du 25 juin 2021, à lire avant de choisir un cabinet partagé.

Dans un coworking, vérifiez que la pièce vous est réservée pendant vos créneaux et que le fauteuil, l'éclairage et le matériel conviennent à vos actes. Si vous fabriquez des orthèses, demandez où ranger et utiliser ce matériel.

Les déchets de soins à risque infectieux restent sous votre responsabilité jusqu'à leur élimination (R.1335-1 et R.1335-2). Il faut une convention écrite avec un collecteur, et les bordereaux se gardent 3 ans.

  • Pièce distincte pendant vos créneaux.
  • Mobilier et matériel adaptés à la pédicurie-podologie.
  • Espace pour le matériel d'orthèses si vous en fabriquez.
  • Convention de collecte des déchets de soins à votre nom.

Assurance, accessibilité, TVA : quoi d'autre vérifier ?

La RC Pro est obligatoire pour tout professionnel de santé libéral (L.1142-2), et le code des podologues la rappelle (R.4322-78). Prévenez votre assureur de chaque nouveau lieu d'exercice.

Un cabinet paramédical est un établissement recevant du public de 5e catégorie, type U, avec un registre public d'accessibilité (décret n° 2017-431). Dans un coworking, c'est en principe l'exploitant qui tient ce registre ; cette lecture reste à confirmer avec lui.

Vos soins sont exonérés de TVA (code général des impôts, 261-4-1°) : vous ne récupérez pas la TVA de votre loyer. Un local meublé ou agencé pour l'activité est en principe soumis à la TVA (BOFiP). Comparez les prix TTC. Au 22 octobre 2026, les cabinets loués à l'heure dans l'annuaire esthéJob se louent de 6 € à 25 € de l'heure (médiane 15 €).

Comment s'y prendre, étape par étape ?

L'annuaire esthéJob recense 61 lieux qui louent un cabinet ou une cabine aux praticiens de santé et de thérapie, dans 48 communes. C'est une base pour comparer avant de faire la demande à l'Ordre.

  • Repérer un lieu dédié aux soins, sans activité de vente partagée.
  • Visiter : pièce distincte, mobilier, matériel, rangement des orthèses.
  • Demander l'autorisation de cabinet secondaire au conseil régional (R.4322-79).
  • Signer un contrat écrit et le transmettre à l'Ordre.
  • Mettre à jour votre RC Pro et organiser la collecte des déchets de soins.

Questions fréquentes

Un podologue peut-il exercer dans un magasin de chaussures ?

Non, si le cabinet se trouve dans le local de vente partagé avec le commerçant. L'article R.4322-44 interdit de dispenser des actes au sein de locaux à finalité commerciale partagés avec des personnes exerçant une activité commerciale.

Combien de temps l'Ordre a-t-il pour répondre à une demande de cabinet secondaire ?

Le conseil régional dispose de 3 mois. Passé ce délai, son silence vaut accord (R.4322-79).

Peut-on louer un cabinet de podologie à l'heure dans un coworking ?

Oui, si le local répond aux conditions matérielles de R.4322-77 (pièce distincte, mobilier, matériel) et n'est pas un local commercial partagé avec des commerçants. Si c'est un second lieu d'exercice, l'autorisation de cabinet secondaire s'applique.

Le contrat de coworking doit-il être envoyé à l'Ordre ?

Les contrats des podologues sont à communiquer à l'Ordre. Demandez au conseil régional sous quelle forme il souhaite recevoir la convention du coworking.

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