Choisir un cabinet partagé : les points à vérifier avant de signer
Avant de signer, vérifiez trois choses : que votre profession a le droit d'exercer dans ce local (kinésithérapeutes, infirmiers et sages-femmes ne peuvent pas exercer dans un local commercial, les pédicures-podologues dans un local à finalité commerciale partagé avec des commerçants), que le cabinet protège le secret (pièce fermée, insonorisée, rangements sous clé) et que le contrat fixe clairement le prix, la durée et ce qui est inclus. Ajoutez ensuite l'accessibilité, les déchets de soins, l'assurance et, si c'est un second lieu d'exercice, les démarches auprès de votre Ordre.
Mis à jour le 22 octobre 2026 · chiffres recalculés chaque heure depuis les fiches de l'annuaire.
Ce local est-il compatible avec votre profession ?
C'est la première question, car une mauvaise réponse rend tout le reste inutile. Certaines professions de santé ont des règles strictes sur la nature du local.
- Masseur-kinésithérapeute : interdiction d'exercer dans des locaux commerciaux et dans tout lieu qui vend des dispositifs médicaux qu'il peut prescrire (R.4321-73).
- Infirmier : interdiction d'exercer dans un local commercial ou dans un local où sont vendus des médicaments, appareils ou produits liés à son activité (R.4312-77).
- Sage-femme : interdiction de donner des consultations dans des locaux commerciaux (R.4127-344).
- Pédicure-podologue : interdiction d'exercer au sein de locaux à finalité commerciale partagés avec des personnes qui exercent une activité commerciale (R.4322-44).
- Orthophoniste, orthoptiste, psychomotricien, ergothérapeute, diététicien : aucune interdiction réglementaire du local commercial trouvée.
- Psychologue, ostéopathe, chiropracteur, psychothérapeute, praticiens du bien-être : pas de règle de local ; un coworking ou un centre bien-être est possible.
Pouvez-vous partager le lieu avec des praticiens du bien-être ?
Pour les kinésithérapeutes, le Conseil national de l'Ordre a répondu dans son avis n° 2018-04 : « Aucune disposition législative ou réglementaire n'interdit le partage des locaux et plus particulièrement de la salle d'attente » avec des non-professionnels de santé. Trois conditions : des activités strictement séparées, aucune confusion pour le public, et aucun acte réservé au kinésithérapeute pratiqué par le voisin.
Pour les autres professions de santé, notre source ne contient pas d'avis équivalent. Si le lieu mêle soins et bien-être, posez la question à votre Ordre ou à l'organisme de votre profession avant de vous engager.
Le cabinet protège-t-il le secret professionnel ?
Le secret s'impose aux professionnels de santé (Code de la santé publique, L.1110-4). En visite, vérifiez que la pièce ferme, que l'on n'entend pas les conversations depuis le couloir ou la salle d'attente, et que vous disposerez d'un rangement fermé à clé. L'avis 2018-04 des kinésithérapeutes cite aussi des bureaux et ordinateurs séparés.
Pour un kinésithérapeute, les vitrines, portes et fenêtres doivent être occultées (R.4321-114) : un cabinet sur rue entièrement vitré pose problème.
Quel contrat allez-vous signer ?
Une location à l'heure ou au créneau n'est pas un bail : c'est une convention de mise à disposition ou une prestation de services. Un bail professionnel, lui, est écrit et dure 6 ans au minimum (loi n° 86-1290, art. 57 A).
Si le gérant est lui-même locataire, demandez s'il a le droit de vous sous-louer. Sous un bail professionnel, la sous-location est permise sauf clause contraire (Code civil, art. 1717) ; sous un bail commercial, il faut l'accord du bailleur (Code de commerce, L.145-31).
Selon votre profession, le contrat doit aussi être communiqué à votre Ordre : dans le mois pour les sages-femmes (R.4127-361, L.4113-9), et c'est également prévu pour les kinésithérapeutes, les infirmiers (R.4312-73) et les podologues. Demandez donc toujours un contrat écrit.
Le prix est-il clair, fixe et comparable ?
Sur esthejob.fr, au 22 octobre 2026, les cabinets se louent de 6 € à 25 € de l'heure (médiane 15 €) et de 70 € à 690 € par mois (médiane 140 €). Comparez toujours le coût par heure réellement utilisée, frais compris (ménage, linge, accès, matériel).
Préférez un loyer fixe. Une redevance calculée en pourcentage de vos honoraires est risquée : la loi interdit à toute personne non qualifiée de recevoir tout ou partie des honoraires (L.4113-5), et le code des kinésithérapeutes interdit le partage d'honoraires hors contrats validés par l'Ordre (R.4321-70).
Regardez aussi la TVA. Un local meublé ou agencé pour l'exercice est en principe taxable, alors que les soins des professions de santé sont exonérés : vous ne récupérerez pas la TVA de votre loyer. Demandez si le prix affiché est hors taxes ou toutes taxes comprises.
Est-ce un cabinet secondaire au sens de votre Ordre ?
Si vous gardez votre cabinet principal, le nouveau lieu peut constituer un second lieu d'exercice. Les règles varient selon la profession.
- Kinésithérapeute : un seul cabinet secondaire, déclaré au conseil départemental ; au-delà, autorisation en cas de carence (R.4321-129). Dans un immeuble où exerce un confrère : son accord ou l'autorisation de l'Ordre (R.4321-133).
- Infirmier : sites distincts seulement en cas de carence ou de soins insuffisants dans le secteur, sur demande au conseil départemental (R.4312-72).
- Sage-femme : déclaration préalable au plus tard 2 mois avant le début (R.4127-362).
- Pédicure-podologue : autorisation du conseil régional en cas de carence (R.4322-79).
Quelles questions pratiques poser pendant la visite ?
- Le registre public d'accessibilité existe-t-il, et votre salle est-elle accessible ?
- Où et comment sont gérés les déchets de soins (DASRI) ?
- Quels documents le lieu exige-t-il (RC Pro, diplôme, enregistrement) ?
- Comment réserver, et quelles sont les conditions d'annulation ?
- Quel matériel est inclus (table, lavabo, chauffage, linge, wifi) ?
- Pouvez-vous poser une plaque, et à quels horaires aurez-vous accès au lieu ?
Questions fréquentes
Un coworking situé dans un centre commercial convient-il à un kinésithérapeute ?
Le kinésithérapeute ne peut pas exercer dans des locaux commerciaux (R.4321-73). Si le lieu se trouve dans un ensemble commercial, interrogez votre conseil départemental de l'Ordre avant de signer : il pourra vous dire si ce local est compatible avec votre exercice.
Faut-il un contrat écrit pour louer un cabinet à l'heure ?
Demandez-le toujours. Plusieurs professions doivent communiquer leurs contrats à l'Ordre, et un écrit est votre seule preuve des conditions convenues (prix, annulation, matériel) en cas de désaccord.
Comment comparer deux lieux aux tarifs différents ?
Ramenez tout au coût d'une heure réellement utilisée : prix de la formule, plus les frais annexes, divisé par le nombre d'heures où vous recevrez effectivement des patients. Un tarif horaire plus élevé mais sans engagement peut revenir moins cher qu'un mois peu rempli.
Le lieu peut-il me demander un pourcentage de mon chiffre d'affaires ?
Pour une profession de santé, c'est risqué : la loi interdit à toute personne non qualifiée de recevoir tout ou partie des honoraires (L.4113-5). Notre lecture prudente : un loyer fixe est préférable.
Sources
Textes officiels relus le 22 octobre 2026. Ils ne remplacent pas l'avis de l'Ordre ou de l'organisme de la profession.
- Code de déontologie des masseurs-kinésithérapeutes, publié par l'Ordre
- Ordre des masseurs-kinésithérapeutes : avis n° 2018-04 sur le partage des locaux
- Code de la santé publique, article R.4312-77 (infirmiers)
- Code de la santé publique, article R.4322-44 (pédicures-podologues)
- Code de déontologie des sages-femmes
- Code de la santé publique, article L.4113-5
- BOFiP : TVA des locations de locaux
Pour aller plus loin
- Parcourir l'annuaire des lieux
- Louer un cabinet paramédical
- Convention de mise à disposition ou bail ?
- Secret professionnel en cabinet partagé
- Accessibilité d'un cabinet partagé
- La location d'un cabinet est-elle soumise à la TVA ?
Exercer en cabinet partagé : les autres guides
- Accessibilité d'un cabinet partagé : ERP, registre, qui est responsable ?
- Cabinet à l'heure, à la demi-journée ou à temps partiel : que choisir ?
- Déchets de soins (DASRI) en cabinet partagé : qui fait quoi ?
- Développer sa patientèle quand on exerce en coworking santé
- Quelle assurance RC Pro pour louer un cabinet, selon sa profession ?
- RPPS : qui doit s'enregistrer avant d'exercer, et comment ?
- Secret professionnel en cabinet partagé : insonorisation, dossiers, salle d'attente
Dans les autres thèmes
- Accueillir des kinés, infirmiers, sages-femmes : ce que le gérant doit savoir
- Quel budget pour s'installer en cabinet partagé ?
- Convention de mise à disposition ou bail : quel contrat pour un cabinet partagé ?
- Coworking santé ou cabinet à soi : lequel coûte le moins cher ?
- Coworking santé, maison de santé, centre de santé : les différences
- Comment fixer ses tarifs de location de cabinet (heure, demi-journée, mois)