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Guides santé et bien-être · Pour les gérants

Ouvrir un coworking santé : les étapes

Pour ouvrir un coworking santé, choisissez d'abord les professions que vous voulez accueillir, car elles fixent les règles du local : infirmiers, sages-femmes et kinésithérapeutes ne peuvent pas exercer dans un local commercial, ni les podologues dans des locaux commerciaux partagés avec une activité commerciale. Aménagez ensuite des cabinets fermés et insonorisés, signez avec chaque praticien une convention de mise à disposition à loyer fixe, puis publiez des tarifs simples à l'heure, à la demi-journée et au mois.

Mis à jour le 22 octobre 2026 · chiffres recalculés chaque heure depuis les fiches de l'annuaire.

Étape 1 : quelles professions voulez-vous accueillir ?

Le mot « santé » recouvre des métiers aux règles très différentes. Ce choix vient avant le local, car il décide de ce que le local doit permettre.

Les professions à Ordre (kinésithérapeute, infirmier, sage-femme, pédicure-podologue) ont des règles écrites sur le lieu d'exercice. Les professions de santé sans Ordre (orthophoniste, orthoptiste, psychomotricien, ergothérapeute, diététicien) n'ont pas d'interdiction de local commercial connue, mais restent tenues au secret professionnel. Psychologues, ostéopathes, chiropracteurs et psychothérapeutes portent un titre protégé, sans règle de local. Les praticiens du bien-être (sophrologue, naturopathe, réflexologue, praticien massage bien-être) exercent une activité libre.

  • Lieu « tout santé » : visez un local non commercial et des cabinets prêts pour les soins.
  • Lieu « thérapie et bien-être » : plus de souplesse sur le local, mais la même exigence de confidentialité.
  • Lieu mixte : possible, à condition de séparer clairement les activités (voir étape 3).

Étape 2 : votre local convient-il ?

Plusieurs codes de déontologie interdisent le local commercial. Un infirmier ne peut pas exercer « dans un local commercial », ni dans un local où sont vendus des médicaments, appareils ou produits liés à son activité (Code de la santé publique, R.4312-77). Les sages-femmes ne peuvent pas donner de consultations dans des locaux commerciaux (R.4127-344). Un kinésithérapeute ne peut pas exercer dans des locaux commerciaux, ni dans un lieu qui vend des dispositifs médicaux qu'il peut prescrire (R.4321-73). Un pédicure-podologue ne peut pas dispenser d'actes dans des locaux à finalité commerciale partagés avec des personnes qui exercent une activité commerciale (R.4322-44).

Concrètement : si votre lieu abrite une boutique, un institut qui vend des produits ou une galerie marchande, ces professions risquent de ne pas pouvoir s'y installer. En cas de doute sur la nature de votre local, posez la question au conseil de l'Ordre concerné avant de signer avec un praticien.

Pensez aussi à l'accessibilité : un cabinet médical ou paramédical est un établissement recevant du public de 5e catégorie, de type U, avec un registre public d'accessibilité. Dans un coworking, c'est en principe l'exploitant qui tient ce registre (lecture à confirmer pour votre cas).

Étape 3 : comment aménager les cabinets ?

Le secret professionnel (CSP, L.1110-4) impose en pratique des pièces fermées et insonorisées. Pour les kinésithérapeutes, le code précise que « les vitrines, portes et fenêtres doivent être occultées » et que les locaux doivent permettre l'hygiène et l'élimination des déchets infectieux (R.4321-114).

La salle d'attente peut être commune. Le Conseil national de l'Ordre des kinésithérapeutes l'a écrit dans son avis n° 2018-04 : aucun texte n'interdit le partage des locaux, y compris de la salle d'attente, avec des non-professionnels de santé, si les activités sont strictement séparées et sans confusion pour le public. Il recommande des « bureaux et ordinateurs séparés », l'« insonorisation des salles de soins » et des « armoires fermées à clefs ».

  • Une porte pleine et une isolation phonique par cabinet.
  • Des rangements fermant à clé pour chaque praticien.
  • Un point d'eau et un plan de travail lavable pour les soins.
  • Un emplacement pour l'entreposage des déchets de soins, que chaque praticien fait collecter sous sa responsabilité.

Étape 4 : quel contrat signer avec les praticiens ?

Une location à l'heure ou au créneau est une convention de mise à disposition ou une prestation de services, pas un bail. Elle fixe les créneaux, le prix, le matériel fourni, les règles d'usage et la sortie.

Si vous êtes vous-même locataire des murs, vérifiez votre bail. En bail professionnel, la sous-location est permise sauf clause contraire (Code civil, art. 1717). En bail commercial, il faut l'accord du bailleur (Code de commerce, L.145-31).

Prévoyez un loyer fixe. La loi interdit à toute personne non qualifiée de recevoir tout ou partie des honoraires d'un professionnel de santé (CSP, L.4113-5). Une redevance en pourcentage des recettes est donc à éviter. Enfin, plusieurs professions doivent communiquer leurs contrats à leur Ordre : rédigez un document clair, que le praticien pourra transmettre sans difficulté.

Étape 5 : quelle TVA appliquer ?

La location de locaux nus est exonérée de TVA (CGI, art. 261 D 2°). Des locaux meublés ou agencés professionnellement sont, eux, taxables. Or un coworking santé loue presque toujours des cabinets équipés.

Vos locataires soignants sont en général exonérés de TVA sur leurs soins (CGI, art. 261-4-1°), comme, sous conditions, les psychologues, psychothérapeutes, ostéopathes et chiropracteurs titrés. Ils ne récupèrent donc pas la TVA de leur loyer : pour eux, le prix réel est le prix TTC. Affichez-le clairement et validez votre régime avec un expert-comptable.

Étape 6 : quels tarifs et quelles formules proposer ?

Au 22 octobre 2026, les cabinets loués à l'heure dans l'annuaire esthéJob se louent de 6 € à 25 € de l'heure (médiane 15 €), et les cabinets loués au mois de 70 € à 690 € par mois (médiane 140 €). Ces fourchettes donnent un repère ; votre prix dépend de votre ville, de vos charges et de l'équipement.

Une grille à trois niveaux suffit pour démarrer : l'heure pour tester, la demi-journée pour les praticiens réguliers, le mois pour ceux qui veulent un cabinet à eux certains jours. Notre guide sur la fixation des tarifs détaille la méthode.

Étape 7 : comment remplir les cabinets et gérer au quotidien ?

Les praticiens cherchent un cabinet par ville et par métier. La fiche de votre lieu dans l'annuaire esthéJob est gratuite (page « Inscrire mon établissement ») : décrivez les cabinets, l'équipement, les professions accueillies et les prix. Au 22 octobre 2026, l'annuaire recense 61 lieux qui accueillent santé et thérapie, dans 48 communes.

Au quotidien, le travail tient en trois choses : un planning sans double réservation, des factures justes et le suivi des documents des praticiens (attestation de RC Pro notamment). Un tableur suffit au début ; au-delà de quelques praticiens, un logiciel comme esthéJob Cowork (49 € HT par mois) regroupe planning, factures et réservation en ligne.

Questions fréquentes

Faut-il être professionnel de santé pour ouvrir un coworking santé ?

Les règles que nous avons vérifiées visent les praticiens et leur lieu d'exercice, pas le statut de celui qui loue les murs. En revanche, une personne non qualifiée ne peut pas recevoir tout ou partie des honoraires d'un professionnel de santé (CSP, L.4113-5) : facturez un loyer fixe. Pour un cas particulier, interrogez l'Ordre de la profession concernée.

Peut-on vendre des produits dans un coworking santé ?

C'est risqué si vous accueillez des infirmiers ou des kinésithérapeutes : ils ne peuvent pas exercer dans un lieu où sont vendus des médicaments, appareils ou produits liés à leur activité (R.4312-77), ni des dispositifs médicaux qu'ils peuvent prescrire (R.4321-73). Gardez la vente hors du lieu de soins, ou renoncez-y.

Peut-on accueillir des soignants et des praticiens du bien-être dans le même lieu ?

Oui, si les activités restent strictement séparées et sans confusion pour le public. C'est la condition posée par l'avis n° 2018-04 de l'Ordre des kinésithérapeutes pour le partage des locaux, salle d'attente comprise. Une signalétique distincte et des cabinets bien identifiés y aident.

Qui gère les déchets de soins dans un coworking santé ?

Le praticien qui les produit en reste responsable jusqu'à leur élimination (CSP, R.1335-1 et R.1335-2), avec sa propre convention écrite avec un collecteur. Le gérant peut faciliter les choses en prévoyant un lieu d'entreposage.

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