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Guides santé et bien-être · Pour les gérants

Louer son cabinet quand on n'y est pas : la sous-location à temps partagé

Vous pouvez louer votre cabinet les jours où vous n'y exercez pas, à condition de vérifier trois points : votre bail (en bail professionnel, la sous-location est permise sauf clause contraire ; en bail commercial, il faut l'accord du bailleur), les règles de votre profession et de celle du praticien accueilli, et la forme du contrat. Une location à l'heure ou au créneau se fait par convention de mise à disposition, avec un loyer fixe, jamais un pourcentage des honoraires.

Mis à jour le 22 octobre 2026 · chiffres recalculés chaque heure depuis les fiches de l'annuaire.

Avez-vous le droit de sous-louer votre cabinet ?

Tout dépend de votre titre d'occupation. Si vous êtes propriétaire des murs, la question ne se pose pas dans les mêmes termes. Si vous êtes locataire, relisez votre bail.

En bail professionnel (loi n° 86-1290, art. 57 A), la sous-location est permise sauf clause contraire (Code civil, art. 1717). En bail commercial, il faut l'accord du bailleur (Code de commerce, L.145-31). Si votre bail interdit la sous-location, parlez-en à votre bailleur avant toute chose.

Une précision utile : louer votre cabinet à l'heure ou par créneaux n'est pas un bail. C'est une convention de mise à disposition ou une prestation de services. Elle n'a pas la durée minimale d'un bail professionnel, qui est écrit et de 6 ans minimum.

Votre profession impose-t-elle des règles ?

Oui, si vous exercez une profession à Ordre, et surtout si vous accueillez un confrère.

  • Kinésithérapeute : un confrère qui veut s'installer dans l'immeuble où vous exercez doit obtenir votre accord ou l'autorisation de l'Ordre, qui a 2 mois pour répondre (R.4321-133). Le partage d'honoraires est interdit, sauf contrats validés par l'Ordre (R.4321-70).
  • Infirmier : même règle d'accord ou d'autorisation pour un confrère qui s'installe dans votre immeuble (R.4312-68) ; les contrats écrits sont communiqués au conseil départemental (R.4312-73).
  • Sage-femme : les contrats, y compris ceux qui assurent l'usage du local, sont communiqués à l'Ordre dans le mois (R.4127-361, L.4113-9).
  • Pour toutes les professions de santé : une personne non qualifiée ne peut pas recevoir tout ou partie des honoraires d'un professionnel de santé (L.4113-5). Facturez un loyer fixe.

À qui louer votre cabinet ?

Un confrère de la même profession trouvera un cabinet déjà équipé pour lui. Un praticien d'une profession voisine peut aussi convenir, tant que le cabinet répond à ses besoins (table de soins, point d'eau, bureau d'entretien).

Vous pouvez aussi louer à un praticien qui n'est pas professionnel de santé. Pour les kinésithérapeutes, l'avis n° 2018-04 de l'Ordre admet le partage des locaux, y compris de la salle d'attente, avec des non-professionnels de santé, si les activités sont strictement séparées, sans confusion pour le public, et sans acte réservé au kinésithérapeute pratiqué par le voisin.

Vérifiez enfin les règles de lieu du praticien que vous accueillez. Infirmiers, sages-femmes et kinésithérapeutes ne peuvent pas exercer dans un local commercial (R.4312-77, R.4127-344, R.4321-73). Si votre cabinet est situé dans un local commercial, ces professions ne pourront pas s'y installer.

Comment protéger vos dossiers et ceux de vos patients ?

C'est le point le plus délicat d'un cabinet partagé avec quelqu'un qui n'est pas vous. Le secret professionnel (CSP, L.1110-4) vous oblige à protéger vos dossiers, même quand vous n'êtes pas là.

  • Rangez vos dossiers papier dans une armoire fermée à clé, dont vous gardez la seule clé.
  • Gardez votre ordinateur avec vous, ou un ordinateur dédié protégé par mot de passe : l'avis n° 2018-04 parle de « bureaux et ordinateurs séparés ».
  • Réservez au praticien accueilli un rangement fermé pour ses propres affaires.
  • Ne laissez aucun document au nom d'un patient sur le bureau ou au tableau.

Quel prix et quel contrat ?

Au 22 octobre 2026, dans l'annuaire esthéJob, les cabinets loués à l'heure se louent de 6 € à 25 € de l'heure (médiane 15 €), et au mois de 70 € à 690 € par mois (médiane 140 €). Pour un cabinet libre quelques jours par semaine, la demi-journée ou la journée fixe chaque semaine est souvent la formule la plus simple à gérer.

La convention de mise à disposition précise : le cabinet et le matériel inclus, les jours et heures, le prix et l'échéance de paiement, qui fait le ménage, l'assurance de chacun, la durée et le préavis de sortie. Demandez l'attestation de RC Pro du praticien : elle est obligatoire pour tout professionnel de santé libéral (CSP, L.1142-2), ainsi que pour les ostéopathes et les chiropracteurs.

Côté TVA : la location de locaux nus est exonérée (CGI, art. 261 D 2°), mais des locaux meublés ou agencés professionnellement sont taxables (BOFiP). Un cabinet équipé relève en général de ce cas. Voyez avec votre expert-comptable comment déclarer ces recettes.

Comment trouver un praticien et organiser les créneaux ?

Les praticiens cherchent un cabinet par ville et par métier. Une fiche gratuite dans l'annuaire esthéJob (page « Inscrire mon établissement ») présente votre cabinet, ses jours libres et son prix.

Pour un seul locataire sur un jour fixe, un agenda partagé suffit. Avec plusieurs praticiens ou des créneaux variables, un outil de planning évite les doubles réservations : esthéJob Cowork, par exemple, gère le planning, les factures mensuelles et les demandes de réservation en ligne.

Questions fréquentes

Puis-je demander un pourcentage de ce que gagne le praticien ?

C'est à éviter. Une personne non qualifiée ne peut pas recevoir tout ou partie des honoraires d'un professionnel de santé (L.4113-5), et les kinésithérapeutes ne peuvent pas partager leurs honoraires sauf contrats validés par l'Ordre (R.4321-70). Un loyer fixe est la solution prudente.

Sous-louer mon cabinet, est-ce une collaboration ?

Non. Dans une sous-location, le praticien accueilli exerce pour son compte et vous paie un loyer. La collaboration est un autre contrat, propre à certaines professions : chez les kinésithérapeutes, elle doit être renégociée au moins tous les 4 ans (R.4321-131). Ne mélangez pas les deux dans un même document.

Mon assurance couvre-t-elle un autre praticien dans mon cabinet ?

Votre RC Pro couvre votre activité, pas celle du praticien accueilli : il doit avoir la sienne. Pour le local et le matériel, interrogez votre assureur avant le premier jour de location.

Puis-je louer mon cabinet à un praticien du bien-être ?

Oui, si votre bail le permet et si les activités restent clairement séparées. Le massage bien-être, sans visée thérapeutique, est permis hors du monopole des kinésithérapeutes (Cour de cassation, 29 juin 2021, n° 20-83.292). Un kinésithérapeute qui partage son cabinet doit veiller à ce que le voisin ne pratique aucun acte qui lui est réservé (avis n° 2018-04).

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